

Bonjour c’est Vincent,
Je me suis souvent fait cette réflexion en tant que journaliste : les médias ont leurs angles morts.
Tant de sujets passent sous leurs radars...
Un exemple ? Ces milliers de petites et moyennes entreprises, qui font l’économie réelle des territoires, sont le plus souvent invisibilisées.
Cette conviction, je l’ai partagée avec Laurent Berger, l’ancien secrétaire général de la CFDT, qui dirige aujourd’hui l’Institut Mutualiste pour l’environnement et la solidarité de Crédit Mutuel Alliance fédérale.
Ensemble avec Opinion Way, nous avons eu cette idée de créer le premier baromètre de l’action écologique dans les territoires en interrogeant 400 dirigeants et dirigeantes.
Les résultats, édifiants, montrent une réalité beaucoup plus positive :
La prise de conscience est massive → Plus de 8 dirigeants sur 10 jugent les enjeux environnementaux “incontournables” pour leur entreprise.
La quasi-totalité déclare avoir commencé à agir → Tri ou recyclage des déchets (94 %), réduction de leur consommation énergétique (84 %), optimisation de leur consommation d’eau (63 %), optimisation des transports (52 %), développement de produits et de services à impact environnemental réduit (50 %), choix de fournisseurs plus responsables (50 %)…
Il y a certes des freins, bien identifiés. La complexité réglementaire est montrée du doigt.
Et les dirigeants se sentent très seuls : 72 % estiment ne pas être assez accompagnés. Ils sont en attente d’expertise et d’aides au financement.
Si la transition est souvent hystérisée et polarisée sur la scène nationale, elle est bien vivante, concrète et consensuelle dans l’économie réelle des territoires.

De gauche à droite : le ministre Serge Papin, Carole Descroix, fondatrice et CEO de Terapolis, Laurent Berger, Florence Antol Marteaux, directrice générale de Clikeco, et Vincent ✌️
Au sommaire
🥛 On ne peut plus boire son lait tranquille ?
📸 36 photos pour s’émerveiller
🌮 1 wrap, 2 résultats
🍅 La fin de la tomate-mozza ?

La rubrique pour vivre mieux
Pourquoi diable mange-t-on de l’essence ?

Voilà qui ne va pas plaire à Anton Ego…
Salut, c’est Pauline 👋 Pesticides, PFAS, cadmium… chaque année, on découvre un nouveau truc inquiétant caché dans notre alimentation. Cette fois, le sujet concerne l’hexane — un dérivé du pétrole utilisé massivement dans l’industrie agroalimentaire. Je laisse notre journaliste Pierre vous en dire plus !
Les enjeux
L’hexane, ou C6H14 pour les intimes, est un produit issu du raffinage du pétrole.
Inutile à la fabrication de l’essence, il était autrefois brûlé dans des torchères.
Puis, dans les années 1930, l’industrie agroalimentaire lui a trouvé une autre utilité : ses excellentes propriétés dégraissantes. Concrètement, il est utilisé pour extraire davantage d’huile des graines de colza ou de tournesol.
Et ça marche très bien. Un simple pressage mécanique des graines de colza ou de tournesol permet de récupérer 89 % de l’huile qu’elles contiennent, contre 97 % en les plongeant dans un bain d’hexane chauffé.
Ce procédé améliore aussi la séparation de l’huile (destinée à notre alimentation) des tourteaux (résidus solides issu de l’extraction de l’huile et utilisés pour nourrir les animaux d’élevage 👇).

Un exemple de ces fameux tourteaux
Résultat : poules, vaches et cochons consomment des aliments contenant des traces d’hexane. Et comme nous mangeons ensuite ces animaux, cette matière issue du pétrole finit indirectement dans nos assiettes.
Autrement dit, les résidus d’hexane ne se retrouvent pas seulement dans certaines huiles végétales mais aussi dans plusieurs produits issus de l’élevage.
Un récent rapport de Greenpeace France ainsi qu’une étude, menée notamment par l’INRAE et l’université d’Avignon, ont retrouvé des traces d’hexane dans plusieurs produits du quotidien :
🍳 Les huiles de colza et de tournesol
🧈 Le beurre
🍼 Le lait (y compris le lait infantile)
🍗 Le poulet
Dans les deux analyses, la moitié ou plus des produits testés — environ une cinquantaine — présentaient des traces d’hexane.
Le journaliste d’investigation Guillaume Coudray révèle, dans son livre De l’essence dans nos assiettes, l’hexane serait aussi présent dans la lécithine de soja ainsi que dans des produits cosmétiques.
Quels risques ?
Quoi ? Manger de l’essence serait mauvais pour la santé ?!
Eh oui ! Quand notre organisme absorbe de l’hexane, le foie tente de s’en débarrasser en le transformant en un autre composé chimique (le “2,5-hexanedione”) qui se révèle très toxique.
Un rapport parlementaire publié en début d’année résume les principaux risques associés à l’hexane, qu’il soit ingéré, inhalé ou mis en contact avec la peau :
C’est un neurotoxique avéré, suspecté de favoriser certaines maladies neurodégénératives dont potentiellement la maladie de Parkinson. Un point soulevé dès 2014 par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES).
Il est également suspecté d’être reprotoxique, avec des effets potentiels sur la fertilité.
Face à ces inquiétudes, l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) a récemment classé l’hexane comme “substance très préoccupante”. Une première pour un solvant utilisé dans l’industrie agroalimentaire.
Le problème, c’est qu’on manque encore d’études pour déterminer précisément à partir de quelle dose l’hexane devient dangereux au quotidien. Cette incertitude empêche, pour l’instant, son interdiction pure et simple…
Que dit la loi ?
Eh bien pas grand-chose, justement.
Le règlement européen sur le sujet remonte à…1996 ! L’ancêtre de notre actuelle Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) déterminait alors le taux acceptable d’hexane dans les aliments à 1 mg/kg.
Depuis, l’EFSA a estimé indispensable de réévaluer la sécurité de ce composant. Une mise à jour est prévue pour 2027.
⚠️ Autre problème (de taille) : l’hexane n’est pas considéré comme un ingrédient, mais comme un “auxiliaire technologique”. Il n’apparaît donc pas sur les étiquettes. Impossible pour les consommateurs de savoir quels produits en contiennent.
Concrètement, je fais quoi ?
Il existe quelques solutions pour limiter son exposition à l’hexane :
Remplacer les huiles de tournesol et de colza par de l’huile d’olive → Plus chère, mais dont la confection ne nécessite pas d’hexane.
Privilégier les huiles artisanales → Elles n’utilisent généralement pas ce procédé industriel.
Acheter bio → L’hexane est interdit dans la préparation d’aliments biologiques, que ce soit dans les huiles ou dans la nourriture pour les animaux d’élevage.
Soutenir les actions qui demandent son interdiction dans l’alimentation → Comme signer cette pétition par exemple.
Ces alternatives coûtent souvent plus cher. En attendant une éventuelle évolution de la réglementation, éviter l’hexane revient donc souvent à devoir mettre davantage la main au portefeuille…
Des alternatives biosourcées commencent heureusement à émerger. Des chercheurs de l’INRAE, de l’université d’Avignon et du chimiste Pennakem travaillent par exemple sur le projet EcoXtract, qui vise à remplacer l’hexane par un solvant sans pétrole.
De quoi remettre l’essence à sa juste place (et encore, plus pour longtemps) : dans le moteur de nos voitures plutôt que dans nos petits estomacs !
📌 Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

Pour un job qui vous ressemble
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On s’aère les neurones
Y a pas photo

Pour se rappeler que notre planète est folle de beauté, jetez un œil aux oeuvres lauréates de l’Environmental Photography Award.
Ce concours récompense chaque année des photographes qui mettent leur art au service de la protection de l’environnement. 36 photos pour s’émerveiller, se prendre une claque… et se rappeler pourquoi le vivant mérite d’être défendu.
Photos à découvrir sur le site du concours ou sur ce compte Instagram

Une question qui envisage le monde autrement
Et si… on supprimait le label “vegan” ?
OK, j’y suis peut-être allée un peu fort avec mon intitulé 😅 Mais cette réflexion vient d’une étude réalisée en 2023 par le MIT Media Lab sur des consommateurs américains.
Les chercheurs ont observé qu’un même plat était beaucoup moins choisi lorsqu’il portait l’étiquette “végétarien” ou “végétalien”. Un wrap au houmous, par exemple, séduisait deux fois plus de clients quand aucun label n’était précisé sur le menu.
Comme si le problème venait parfois moins du goût que du mot lui-même. Et si les plats végétariens arrêtaient d’être l’option spéciale, pour simplement devenir des plats normaux ?

Il se passe quoi au bureau cette semaine ?
Vos salades vont en prendre un coup
Désolée, après vous avoir parlé d’essence dans l’huile et le lait, voilà qu’on ajoute une nouvelle source d’angoisse alimentaire : la tomate.
Produites sous serres chauffées pour pouvoir être consommées toute l’année, ces fruits ont un impact climatique beaucoup plus lourd qu’on ne l’imagine.
Notre journaliste Fabien a enquêté sur la tomate du futur. Il lève le suspense dans notre vidéo YouTube 👇
Le marché voit rouge
Indispensable aux industries, aux réseaux ou encore aux voitures électriques, le cuivre est devenu l’un des métaux les plus stratégiques de la transition énergétique.
Mais il est difficile — et coûteux — à extraire, et sa production reste concentrée dans quelques pays. On décrypte cette bataille stratégique autour du métal rouge dans notre newsletter géopolitique Warm by 2050NOW.
La reco de Pauline
Ça ne sert à rien mais c’est plutôt rigolo. À l’occasion de la Journée de la Terre, la NASA a lancé son outil interactif Your Name in Landsat, qui permet d’écrire son prénom avec des lettres composées de vraies images satellites — glaciers, déserts, forêts, rivières…

Voilà un exemple avec mon prénom… bluffant non ?
Toutes les images proviennent du programme Landsat qui observe la Terre depuis plus de 50 ans. Et le plus cool, c’est qu’on peut même retrouver l’origine exacte de chaque paysage utilisé !
Vous nous écrivez
Notre newsletter sur la voiture électrique et le dernier édito de Vincent sur le sujet vous ont énormément fait réagir.
Alors on a eu envie de partager certains de vos témoignages, retours d’expérience et désaccords, parce qu’ils apportent souvent des nuances très intéressantes au débat.
À découvrir ici, pour continuer à affiner sa réflexion sur le sujet.
Un avis sur cette newsletter ?
Cette édition a été concoctée par : Pierre Fortin et Pauline Vallée (référente éditoriale).
Rédactrice en chef 2050NOW : Aude Baron. Directeur général 2050NOW : Vincent Giret.




