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Qui a peur du grand méchant cadmium ?

2025, c’est l’année où on a appris un peu brutalement — entre les tribunes de médecins et le reportage de Zone Interdite — qu’une bonne partie de nos aliments étaient contaminés par un métal lourd : le cadmium. Et si vous vous êtes dit, comme moi : “Mais est-ce qu’on peut encore manger sans s’empoisonner ?”... eh bien, bienvenue au club.

Trois choses que vous allez apprendre :

  • C’est quoi le souci avec le cadmium

  • Les aliments les plus contaminés

  • Comment éviter au max de s’y exposer

Évolution des recherches Google pour le mot “cadmium” en 2025 : un drame en 3 actes.

Les enjeux

Le cadmium est un métal lourd, mou et blanc, naturellement présent dans les roches et les sols. Il sert entres autres à fabriquer des pigments, des batteries ou du revêtement de pièces métalliques.

Problème : il est très mauvais pour la santé — comme le prouvent pas moins de… 16 000 articles scientifiques.

Parmi ses impacts :

  • Cancérogène certain pour les poumons, avec des suspicions pour le pancréas, le sein ou la thyroïde

  • Toxique pour les appareils reproducteurs masculins et féminins

  • Destructeur pour les os, qu’il fragilise, en augmentant le risque de fracture

  • Mauvais pour les reins

Personne ne s’amuse donc à grignoter ce métal au goûter !

Et pourtant, nous sommes complètement imprégnés de cadmium. 47 % des adultes et 18 % des enfants français dépassent le seuil de concentration critique fixé à 0,5 microgrammes par gramme de créatinine par l’Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSES).

C’est en augmentation par rapport à plus que la même étude réalisée il y a dix ans.

Le pire ? Ce poison peut rester jusqu’à 30 ans dans nos organismes.

Mais pourquoi mange-t-on du cadmium ?

Les médecins, suivant l’ANSES, mettent principalement cette imprégnation sur le compte des engrais minéraux phosphatés — le petit nom sympa des engrais qui contiennent du phosphore, destinés à booster la croissance des plantes.

Le lien entre le cadmium et nos engrais ? Pour la faire courte :

Les roches du Maroc sont naturellement bourrées de cadmium → le cadmium se retrouve en grande quantité dans le phosphate de calcium qui sert à fabriquer les engrais → la France importe majoritairement ses engrais du Maroc → le cadmium contenus dans ces engrais se retrouve dans nos sols agricoles → il est absorbé par les plantes → puis par nos estomacs.

Pour Christophe Nguyen de l’INRAE, les choses ne sont pas aussi claires. L’usage des engrais phosphatés a drastiquement baissé depuis la fin des années 1970. Et la teneur en cadmium dans les céréales à la sortie des champs semble plutôt stable.

D’où viendrait le cadmium dans ce cas ? Entre autres causes, la pollution industrielle ou la présence naturelle dans les sols.

Quels aliments sont les plus touchés ?

Pour y voir clair, la plateforme de Surveillance de la Chaîne Alimentaire a mené une vaste étude pour déterminer quels aliments sont les plus touchés.

Bonne nouvelle — sauf si vous êtes fans des huîtres au chocolat — les aliments qui concentrent le plus de cadmium ne sont pas ceux qu’on mange le plus souvent 👇

En réalité, l’essentiel de notre exposition vient plutôt de produits du quotidien, moins chargés… mais consommés en grande quantité 👇

Aliments qui contribuent à l’exposition moyenne des adultes au cadmium.

Du côté des aliments les moins contaminés, on retrouve la viande issue des animaux d’élevage, les chairs de certains poissons (cabillaud, truite, merlu), le miel, les fruits, le lait et…les boissons alcoolisées (à consommer par ailleurs avec beaucoup de modération !).

À noter : une seule cigarette contient environ 2 microgrammes de cadmium, sachant que la dose à ne pas dépasser est... Les fumeurs sont donc particulièrement exposés.

Alors, on fait quoi ?

Déjà, des leviers existent au niveau des États et des entreprises :

  • L’ANSES recommande par exemple de diviser par trois la teneur en cadmium autorisée dans les engrais d’ici les années 2030 pour inverser la tendance sur le long terme.

  • Filtrer le cadmium lors de la fabrication des engrais. C’est coûteux, oui, mais techniquement faisable — et ce métal n’a aucune utilité agronomique.

  • Dépolluer les sols reste en revanche un casse-tête (les solutions testées, comme certaines plantes dépolluantes, sont trop lentes), mais on peut déjà choisir des variétés végétales, notamment de blé, qui concentrent moins de cadmium.

À l’échelle individuelle, on peut limiter son exposition sans virer parano. Quelques réflexes utiles :

  • Manger bio. Une étude a montré que les aliments issus de l’agriculture biologique contiennent 48 % de cadmium en moins.

  • Éviter les pseudo-céréales au petit déj’ pour les enfants, qui contiennent beaucoup de cadmium.

  • Ne pas se priver de chocolat, mais acheter en priorité celui venant d’Afrique plutôt que d’Amérique Latine, dont les sols sont naturellement très riches en cadmium.

  • Surveiller son taux de fer : une carence en fer favorise l’absorption de cadmium. Les femmes, particulièrement touchées par l’anémie, sont aussi les plus contaminées.

  • Ne pas fumer (pour ça… et pour tout un tas d’autres raisons).

Et surtout : pas de culpabilité si on a cuisiné pendant des années des petits plats involontairement assaisonnés aux métaux lourds. Nous ne sommes pas responsables, individuellement, de cette pollution à grande échelle. En revanche, alerter les décideurs et pousser à des règles plus strictes, ça, oui — pour que cette contamination cesse et ne se reproduise plus !

 📌 Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

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