Quand j'étais ado, j'étais plutôt douée en course à pied. Sans vouloir me vanter, il paraît même que certains gars étaient un poil jaloux de se faire doubler par une petite nana haute comme trois pommes.
Depuis, je continue à courir de temps en temps et j'avoue que j'ai été bien ennuyée quand j'ai découvert que les vêtements de sport n'étaient vraiment pas ce qu'il y a de plus écolo.
Heureusement, on peut y faire quelque chose. À vos marques... prêt, feu, partez !
Les enjeux
Course à pied, natation, football, vélo, tennis, escalade, bateau à voile... Les Français n’ont jamais autant fait de sport, et c’est une excellente nouvelle.
Plus de 7 personnes sur 10 déclaraient même pratiquer une activité physique.

Source : INJEP
Sans surprise, nous achetons donc davantage d’articles de sport et de loisirs — nous sommes même les champions européens en la matière — sans toujours se douter de leur impact sur l'environnement.
Quelques chiffres pour prendre la mesure du sujet :
L'industrie textile est l'une des plus polluantes au monde → elle émet jusqu'à 4 milliards de tonnes de CO2 chaque année. Le secteur du sport y contribue : à lui seul, le polyester utilisé dans de nombreux vêtements techniques nécessite environ 70 millions de barils de pétrole par an.
Nos vêtements de sport contiennent souvent des perfluorocarbures et des PFAS. Ces substances, appréciées pour leurs propriétés imperméables, déperlantes ou résistantes au feu, sont aussi connues pour leurs effets préoccupants sur la santé et l’environnement.
La pollution ne s'arrête pas à l’étape de fabrication → 100 000 tonnes d'articles de sport et de loisirs sont jetés en France chaque année. À titre de comparaison, 186 000 tonnes avaient été vendues en 2019 — près de la moitié finit donc à la poubelle.

Vous n’avez jamais couru de marathon ? Le sujet vous concerne quand même. Difficile d’ouvrir une penderie sans y trouver des baskets, leggings ou autres accessoires sportifs.
Alors, on fait quoi ?
Le sujet ne repose pas uniquement sur les consommateurs.
Du côté des pouvoirs publics
Accélérer la recherche pour développer des alternatives aux PFAS et aux autres substances chimiques problématiques.
Encourager un modèle textile plus sobre. En 2024, l’Assemblée nationale a d’ailleurs adopté à l’unanimité une proposition de loi visant à mieux réguler l’industrie textile.
Accompagner les démarches d'éco-conception via des aides financières mais aussi techniques.
Du côté des marques
Le média de mode éthique The Good Goods a dressé une liste des marques de sport de plein air qui se sont engagées à les supprimer de leurs produits.
Concevoir des articles de sport à partir de matériaux recyclés. Pour ses tee-shirts de sport, ses bandeaux et ses casquettes, le Coureur du dimanche utilise par exemple des bouteilles en plastique recyclé.
Développer la vente de vêtements de sport de seconde-main, comme le fait par exemple la plateforme spécialisée Sporteed.
Proposer des vêtements de sport à la location, à l'image de Rossignol qui propose de louer des affaires de ski.
Éviter de pousser à la surconsommation en démultipliant l'offre. Il n'y a pas forcément besoin d'inciter à acheter un vêtement de sport spécifique à la course à pied / le yoga / le tennis etc. Surtout s'il s'agit d'une pratique occasionnelle.
Et moi concrètement, je fais comment ?
Avant d'acheter
Je me pose la question la plus importante : est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Comme pour n’importe quel achat, le meilleur déchet reste celui qu’on ne produit pas.
D’ailleurs, retrouvez ici nos conseils pour moins consommer.
Je regarde la composition du produit en prêtant attention aux étiquettes et à l'affichage environnemental (s'il est indiqué) pour le comparer avec d’autres modèles ou marques.
Psssst : nous avions aussi consacré une newsletter à ce sujet.
Le gouvernement a également établi une liste des marques ayant au moins un produit avec l'affichage environnemental.
Je pense à la location. Si vous faites du ski une fois dans l'année, du vélo pendant une semaine l'été ou encore du tennis occasionnellement, il n'est peut-être pas nécessaire les accessoires spécialisés.
Différentes plateformes proposent ainsi de louer des accessoires de sport, comme Picture, Intersport ou Décathlon.
Quand j'achète
Je privilégie les produits faits avec des matériaux durables, avec des fibres naturelles lorsque c’est possible et sans PFAS ni autres composés fluorés. Ils sont parfois plus chers à l’achat, mais souvent plus intéressants sur le long terme car conçus pour durer.
Pour ces achats, vous pouvez vous appuyez sur la liste très complète de The Good Goods.
Je me tourne vers des articles faits à partir de matériaux recyclés, qui permettent de limiter l’extraction de nouvelles ressources.
J'achète des produits de seconde-main via la plateforme spécialisée Sporteed, ou dans les recycleries sportives qui collectent, trient, revalorisent et redistribuent les vêtements de sport. En plus de proposer des baskets, joggings et autres maillots de foot, ces structures proposent généralement des animations en faveur du slow sport, du zéro déchet et de l'économie sociale et solidaire.
Après l'achat
Je garde mes articles le plus longtemps possible en les entretenant et en les réparant lorsque c’est possible. N’hésitez pas à jeter un oeil à cette carte interactive de l’ADEME qui recense les réparateurs solidaires près de chez vous !
Une fois usagés, je les dépose dans un point de collecte (déchetterie, distributeur, structure de l'économie sociale et solidaire...) pour qu'ils soient réutilisés ou recyclés. Si vous avez un doute, consultez ce site de l’ADEME.
Merci pour leurs éclairages précieux à :
Raphaël Guastavi, directeur adjoint de la direction économie circulaire de l'ADEME
Victoire Satto, médecin de formation et fondatrice du média The Good Goods
Flore Berlingen, coordinatrice de plaidoyer de l’ONG En mode climat
Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.


