

Bonjour c’est Vincent,
Je ne pensais pas qu’un prix puisse procurer autant de plaisir.
Deux des journalistes vidéos de notre petite équipe 2050NOW viennent de remporter chacun un trophée d’or au Festival international du film responsable. Meilleures vidéos de l’année !
Maëlys de La Ruelle, dans la catégorie “Habitats” des Deauville Green Awards, avec un format YouTube puissant et créatif sur l’artificialisation des sols, raconté dans l’univers visuel de Minecraft et avec le biologiste Marc-André Selosse.
Maëlys, ayant beaucoup joué à Minecraft dans son enfance, a eu cette idée géniale d’utiliser les codes visuels et narratifs de ce jeu best-seller pour appréhender des choses nécessairement un peu compliquées.
Un énorme succès d’impact et d’audience…
Fabien Verso a, lui, remporté le trophée d’or dans la catégorie “Lutte et adaptation au changement climatique”, avec un épisode des “Survivants du changement climatique”.
Son reportage raconte comment la petite commune normande de Quiberville-sur-Mer a anticipé la montée des eaux et l’intensification des inondations.
Avec Aude Baron, au moment de la création du pôle Grand Public de 2050NOW, nous avions cherché des profils atypiques de jeunes journalistes.
Des fortes personnalités, créatives, aux compétences multiples, portées par une énergie et une envie majuscule, avec un attrait particulier pour la science...
L’un et l’autre ont su inventer leur propre langage visuel et su se faire une place dans l’univers saturé des plateformes sociales vidéos.
A l’heure où beaucoup s’interrogent sur la manière de toucher le plus grand nombre sur l’urgence écologique, sans tonalité anxiogène, sans culpabilisation, sans biais militant, ces deux formats donnent des éléments de réponses.

Les stars en question : Fabien à gauche et Maëlys à droite ✨
Au sommaire
🏃 On mouille le maillot
🌵 On traverse un désert
🫢 On arrête de sauver la planète
🍼 On en remet une couche

La rubrique pour vivre mieux
Peut-on rendre le sport plus écolo ?

Salut, c’est Pauline Cécile 👋 Quand j'étais ado, j'étais plutôt douée en course à pied. Sans vouloir me vanter, il paraît même que certains gars étaient un poil jaloux de se faire doubler par une petite nana haute comme trois pommes.
Depuis, je continue à courir de temps en temps et j'avoue que j'ai été bien ennuyée quand j'ai découvert que les vêtements de sport n'étaient vraiment pas ce qu'il y a de plus écolo.
Heureusement, on peut y faire quelque chose. À vos marques... prêt, feu, partez !
Les enjeux
Course à pied, natation, football, vélo, tennis, escalade, bateau à voile... Les Français n’ont jamais autant fait de sport, et c’est une excellente nouvelle.
Plus de 7 personnes sur 10 déclaraient même pratiquer une activité physique.

Source : INJEP
Sans surprise, nous achetons donc davantage d’articles de sport et de loisirs — nous sommes même les champions européens en la matière — sans toujours se douter de leur impact sur l'environnement.
Quelques chiffres pour prendre la mesure du sujet :
L'industrie textile est l'une des plus polluantes au monde → elle émet jusqu'à 4 milliards de tonnes de CO2 chaque année. Le secteur du sport y contribue : à lui seul, le polyester utilisé dans de nombreux vêtements techniques nécessite environ 70 millions de barils de pétrole par an.
Nos vêtements de sport contiennent souvent des perfluorocarbures et des PFAS. Ces substances, appréciées pour leurs propriétés imperméables, déperlantes ou résistantes au feu, sont aussi connues pour leurs effets préoccupants sur la santé et l’environnement.
La pollution ne s'arrête pas à l’étape de fabrication → 100 000 tonnes d'articles de sport et de loisirs sont jetés en France chaque année. À titre de comparaison, 186 000 tonnes avaient été vendues en 2019 — près de la moitié finit donc à la poubelle.

Vous n’avez jamais couru de marathon ? Le sujet vous concerne quand même. Difficile d’ouvrir une penderie sans y trouver des baskets, leggings ou autres accessoires sportifs.
Alors, on fait quoi ?
Le sujet ne repose pas uniquement sur les consommateurs.
Du côté des pouvoirs publics
Accélérer la recherche pour développer des alternatives aux PFAS et aux autres substances chimiques problématiques.
Encourager un modèle textile plus sobre. En 2024, l’Assemblée nationale a d’ailleurs adopté à l’unanimité une proposition de loi visant à mieux réguler l’industrie textile.
Accompagner les démarches d'éco-conception via des aides financières mais aussi techniques.
Du côté des marques
📝 Le média de mode éthique The Good Goods a dressé une liste des marques de sport de plein air qui se sont engagées à les supprimer de leurs produits.
Concevoir des articles de sport à partir de matériaux recyclés. Pour ses tee-shirts de sport, ses bandeaux et ses casquettes, le Coureur du dimanche utilise par exemple des bouteilles en plastique recyclé.
Développer la vente de vêtements de sport de seconde-main, comme le fait par exemple la plateforme spécialisée Sporteed.
Proposer des vêtements de sport à la location, à l'image de Rossignol qui propose de louer des affaires de ski.
Éviter de pousser à la surconsommation en démultipliant l'offre. Il n'y a pas forcément besoin d'inciter à acheter un vêtement de sport spécifique à la course à pied / le yoga / le tennis etc. Surtout s'il s'agit d'une pratique occasionnelle.
Et moi concrètement, je fais comment ?
Avant d'acheter
Je me pose la question la plus importante : est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Comme pour n’importe quel achat, le meilleur déchet reste celui qu’on ne produit pas.
👀 D’ailleurs, retrouvez ici nos conseils pour moins consommer.
Je regarde la composition du produit en prêtant attention aux étiquettes et à l'affichage environnemental (s'il est indiqué) pour le comparer avec d’autres modèles ou marques.
👀 Psssst : nous avions aussi consacré une newsletter à ce sujet.
📝 Le gouvernement a également établi une liste des marques ayant au moins un produit avec l'affichage environnemental.
Je pense à la location. Si vous faites du ski une fois dans l'année, du vélo pendant une semaine l'été ou encore du tennis occasionnellement, il n'est peut-être pas nécessaire les accessoires spécialisés.
📍 Différentes plateformes proposent ainsi de louer des accessoires de sport, comme Picture, Intersport ou Décathlon.
Quand j'achète
Je privilégie les produits faits avec des matériaux durables, avec des fibres naturelles lorsque c’est possible et sans PFAS ni autres composés fluorés. Ils sont parfois plus chers à l’achat, mais souvent plus intéressants sur le long terme car conçus pour durer.
📝 Pour ces achats, vous pouvez vous appuyez sur la liste très complète de The Good Goods.
Je me tourne vers des articles faits à partir de matériaux recyclés, qui permettent de limiter l’extraction de nouvelles ressources.
J'achète des produits de seconde-main via la plateforme spécialisée Sporteed, ou dans les recycleries sportives qui collectent, trient, revalorisent et redistribuent les vêtements de sport. En plus de proposer des baskets, joggings et autres maillots de foot, ces structures proposent généralement des animations en faveur du slow sport, du zéro déchet et de l'économie sociale et solidaire.
Après l'achat
Je garde mes articles le plus longtemps possible en les entretenant et en les réparant lorsque c’est possible. N’hésitez pas à jeter un oeil à cette carte interactive de l’ADEME qui recense les réparateurs solidaires près de chez vous !
Une fois usagés, je les dépose dans un point de collecte (déchetterie, distributeur, structure de l'économie sociale et solidaire...) pour qu'ils soient réutilisés ou recyclés. Si vous avez un doute, consultez ce site de l’ADEME.
🙏 Merci pour leurs éclairages précieux à :
Raphaël Guastavi, directeur adjoint de la direction économie circulaire de l'ADEME
Victoire Satto, médecin de formation et fondatrice du média The Good Goods
Flore Berlingen, coordinatrice de plaidoyer de l’ONG En mode climat
📌 Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

Pour un job qui vous ressemble
Responsable du développement commercial — Spark Cleanteh — Gif-sur-Yvette (91) : En retirant le CO2 du gaz naturel utilisé dans les usines, Spark Cleantech est l’une des entreprises les plus prometteuses en matière de décarbonation de l’économie. Alors pour les aider à vendre cette technologie mature, postulez ici !
Animateur·rice de communauté investisseurs (alternance) — Fermes en Vie —Toulouse (31) : FEVE permet aux citoyens d’investir leur épargne afin d’installer de nouveaux agriculteurs dans des fermes en agroécologie. Et cette sympathique entreprise cherche une personne pour fidéliser sa communauté d’investisseurs !
Développeur·se back-end Python — Octopus Energy — Paris (75) : Octopus Energy s’est donné pour mission de fournir à ses clients une énergie verte et bon marché. Et l’entreprise a besoin pour cela d’une interface numérique solide, que vous seriez chargé·e de bâtir. Si ça vous intéresse, foncez ici.
Vous souhaitez diffuser votre offre d'emploi ? Contactez notre équipe commerciale : [email protected]

On s’aère les neurones
Et bonne journey

Du sable à perte de vue, un personnage enveloppé d’une grande cape rouge… et encore du sable. Sorti en 2012, Journey est un jeu où l’on traverse le désert sans véritable objectif ni tutoriel envahissant.
Pourquoi je vous le recommande ?
Pour profiter d’une ode au temps long. Le jeu est planant, la musique aussi. On se laisse porter sans jamais se sentir impuissant.
Parce qu’il donne l’impression de parcourir une version apaisée de Mad Max : un monde chaud, silencieux et en ruines, où l’on devine qu’une civilisation a autrefois prospéré. Le jeu réussit à transmettre cette solastalgie* — au point de peut-être faire verser une larme à la rédactrice de cette chronique…
Journey, 2020, disponible sur Mac et PC, 13,99 euros
* solastalogie : souffrance psychique causée par la destruction de son environnement

Une question qui envisage le monde autrement
Et si… on arrêtait de “sauver la planète” ?
Sauver la planète : cette formule qu’on entend partout est aussi pleine de bonne volonté que trompeuse. Non, comme le rappelle l’équipe de Team for the Planet, la planète n’a pas besoin de nous. Elle continuera d’exister pendant encore des milliards d’années, avec ou sans l’humanité.
Nous, en revanche, dépendons entièrement d’elle pour survivre. Et bien que nous nous targuions d’être l’espèce la plus intelligente, nous avons déjà dépassé plusieurs des limites qui rendent notre propre monde habitable.
Le véritable enjeu n’est donc peut-être pas de “sauver la planète” mais de préserver les conditions qui nous permettent d’y vivre. Et la première étape est de changer notre regard : et si l’écologie consistait moins à sauver la Terre qu’à faire en sorte qu’elle accepte de nous garder ?

Il se passe quoi au bureau cette semaine ?
Une solution culottée
Un bébé utilise en moyenne cinq couches par jour. Notre journaliste Elléa a visité la maternité de l’hôpital Lyon Sud qui a fait un choix original pour réduire ses déchets : passer aux couches compostables. Un reportage à découvrir sur notre chaîne YouTube 👇
Vers l’Ouest le Sud !
L’avenir énergétique de l’Europe se joue-t-il en Méditerranée ? Entre gisements gaziers et ambitieux projets renouvelables au Maghreb, le continent cherche à réduire ses dépendances énergétiques… à condition de surmonter de fortes tensions géopolitiques.
Un décryptage à lire dans notre newsletter spécialisée Warm by 2050NOW.
Un avis sur cette newsletter ?
Cette édition a été concoctée par : Morgane Becker, Pierre Fortin, Cécile Massin, Paulin Viguier et Pauline Vallée (référente éditoriale).
Rédactrice en chef 2050NOW : Aude Baron. Directeur général 2050NOW : Vincent Giret.




