Bonjour c’est Vincent,

Je me suis souvent demandé si le monde de la finance jouait vraiment son rôle dans la transition : sans financements massifs, impossible de relever le défi. 

J’ai trouvé de vraies réponses cette semaine.  

Nous — GreenUnivers by 2050NOW, notre offre édito sur la transition énergétique, avec Option Finance — avons organisé la cinquième édition de “Time to change” qui a réuni, pendant deux jours à Deauville, le gratin des fonds d’investissement, des banques et des industriels.

J’y animais un panel sur “l’adaptation à un monde à +3°C”. Et ça tombe bien : c’est par cette urgence que le sujet du climat est vite revenu au-dessus de pile.

Voici les 3 points que je veux vous partager : 

  • Après des années à passer à évaluer les aléas, il y a eu un vrai déclic : la sécheresse record de 2022 fut une confrontation violente avec le réel. Nombre d’entreprises ont eu des actifs menacés, des usines ou des cultures en manque d’eau, des conditions de travail impossibles, des bâtiments fragilisés… Les aléas physiques ont explosé sur la planète, en nombre et en intensité. 

  • Les politiques climatiques ont alors changé de statut. Hier supplément d’âme, elles sont peu à peu intégrées au cœur du business, à la finance, à la gestion des risques, à la sécurité, et même à la souveraineté. En un mot : à la performance économique. 

  • Les deux fonds d’investissement présents dans mon panel — Candriam et Ofi Invest — mobilisent à eux deux près de 400 milliards d’euros dans leurs actions, pour les sols, l’eau, la biodiversité, la décarbonation, la sécurité des chaînes de valeurs.

Bien sûr, certains cèdent encore au court terme. Mais de plus en plus d’acteurs économiques ont désormais la conviction que l’inaction leur coûtera plus que l’adaptation.

Et c’est la condition même pour que nous sauvegardions l’habitabilité de notre planète !

De gauche à droite : Luisa Florez (Ofi Invest), Alix Chosson (Candriam), Fabien Chêne (Schneider Electric), Valérie Masson-Delmotte (paléoclimatologue) et Vincent Giret.

Au sommaire

  • 🏚️ Péril en la demeure

  • 🦫 Un film en peau de castor

  • 🌳 Un médoc efficace et gratuit, youpi

  • 🧑‍🔧 Nos tuyaux pour devenir plombière

La rubrique pour vivre mieux

Pourquoi nos maisons se fissurent (et comment les empêcher de s’effondrer !)

Salut, c’est Pauline 👋 Il y a quelque semaines, je vous parlais des régions plus ou moins exposées au changement climatique. En creusant le sujet, je suis tombée sur le site Géorisques, qui permet de repérer en deux clics les risques naturels directement chez soi. J’ai un peu traîné dessus (oui, chacun ses loisirs).

Et là, en scrollant tranquillement, je tombe sur ce terme un peu obscur : retrait-gonflement des argiles.

Ma première réaction : pardon, c’est quoi ENCORE ce truc ? Les sécheresses et les inondations, c’était pas déjà suffisant ?

Malheureusement, oui, c’est un vrai sujet. Plus de 10 millions de maisons individuelles sont situées dans des zones à risque et 55 % du territoire français est concerné (risque moyen à fort) 👇

Qui sait, vous en faites même peut-être partie ?

Je vous explique tout, avec l’aide de Sébastien Gourdier, géotechnicien au Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM) (merci à lui).

C’est quoi au juste ?

Un sol argileux se comporte un peu comme une éponge.

  • Quand il fait sec → il se rétracte.

  • Quand il pleut → il gonfle.

Comme une éponge, je vous dis.

Ce phénomène s’appelle le retrait-gonflement des argiles

Le problème, c’est que ces variations font bouger le sol sous les maisons. Résultat : des mouvements de terrain peuvent fragiliser les fondations et provoquer des fissures, affaissements… voire rendre un logement inhabitable dans les cas les plus graves.

Le lien avec le changement climatique ?

Le changement climatique aggrave clairement le phénomène.

Pourquoi ? Parce qu’il multiplie les événements extrêmes : longues sécheresses + fortes chaleurs + pluies intenses → les sols argileux gonflent et se rétractent de plus en plus, parfois en profondeur → les bâtiments se fragilise encore plus.

Les dégâts pourraient augmenter de + 44 % à + 162 % d’ici 2050 selon les scénarios climatiques. Oui oui, vous avez bien lu.

Et on ne pourra pas y échapper. Il va falloir adapter nos constructions (neuves comme existantes) pour limiter les dégâts. Notamment les maisons individuelles, qui sont les habitations les plus vulnérables.

Concrètement, je fais quoi ?

Il y a trois cas de fissures figures. Choisissez celui qui correspond à votre situation !

🏡 Je veux éviter d’acheter un terrain à risque.

Passez par le portail Géorisques puis renseignez l’adresse, la parcelle cadastrale ou regardez la carte pour avoir une idée claire de l’exposition du terrain.

⚠️ Risque important sur mon école primaire = prudence !

La loi ELAN de 2020 impose au vendeur de vérifier le niveau d'exposition d’une parcelle constructible au moment de sa vente :

  • Si le risque est faible ou nul → le vendeur n’a aucune obligation particulière, mais beaucoup de constructeurs recommandent quand même de réaliser une étude de sol.

  • Si le risque est moyen ou fort → le vendeur doit fournir un diagnostic de sol au moment de la vente chez le notaire → vous savez donc à quoi vous en tenir avant de signer.

🏗️ Je veux construire dans une zone à risque.

Oui, on peut construire sans problème sur des sols argileux. À condition d’adapter le bâtiment !

La réglementation impose notamment des fondations plus profondes et renforcées, l’interdiction de certains aménagements et toute une série de précautions pour stabiliser l’humidité du sol (gestion de l’eau, matériaux adaptés, distance avec la végétation…).

Bref : si votre terrain est exposé au risque, ce n’est pas un no-go, mais un point à prendre très au sérieux dès le départ pour éviter les mauvaises surprises.

🏚️ Je vis dans un bien à risque.

C’est là que ça se complique un peu. Quand on achète une maison, difficile de vérifier l’état des fondations — même avec les plans.

Avant de se lancer dans de gros travaux, il y a déjà des gestes simples à mettre en place :

  • bien gérer les eaux (évacuation, fuites…)

  • éloigner la végétation (les racines peuvent aller très loin)

  • stabiliser l’humidité autour de la maison (drainage, trottoir périphérique, membranes…)

Si les dégâts sont déjà visibles, si votre maison est fissurée, alors il faut se tourner vers son assureur et sa commune :

  • Les réparations peuvent être indemnisées… à condition que le risque ait été reconnu “catastrophe naturelle” sur votre commune. Et que vous ayez souscrit une assurance de dommages aux biens ! La franchise est de 1520 euros.

  • Sinon, ça devient plus compliqué, et les travaux (souvent lourds et coûteux) restent à votre charge.

Bonne nouvelle quand même : depuis fin 2025, l’État teste dans plusieurs départements un fonds de prévention pour financer des diagnostics et des travaux (notamment pour les maisons peu ou modérément fissurées).

L’idée : agir avant que les dégâts ne s’aggravent — parce que réparer après, c’est souvent beaucoup plus cher.

📌 Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

Pour un job qui vous ressemble

Mécanicien·ne cycles — Upway — Paris (75) : Passionné·e de vélo et un peu bricoleur·se ? Upway, spécialiste du reconditionnement de vélos électriques, recrute un·e mécanicien·ne pour leur donner une seconde vie et les rendre accessibles au plus grand nombre.

Graphiste vidéaste (alternance) — Elax Energie — Paris (75) : Envie de mettre votre créativité au service de la transition ? Elax développe des solutions pour réduire la consommation d’énergie des chauffe-eau, et veut muscler sa communication.

Auditeur·ice AB en productions agricoles — Ecocert — Alençon (61) : Un job au grand air pour accompagner les agriculteurs vers le bio et des pratiques plus durables.

Vous souhaitez diffuser votre offre d'emploi ? Contactez notre équipe commerciale : [email protected]

On s’aère les neurones

Père Castor, raconte-nous ton histoire…

Trois raisons d’aller voir Jumpers — le dernier Pixar pas du tout réservé aux moins de 10 ans (pour preuve, dans la salle où j’étais, il y avait une majorité d’adultes !) :

  • Pour voir des castors beaucoup trop mignons.

  • Pour satisfaire un vieux rêve d’enfant (qui n’a jamais rêvé de pouvoir papoter avec les animaux ?).

  • Pour son fond écologique ultra-solide : pollution sonore, destruction des habitats… Le film aborde les impacts humains sur la biodiversité sans tomber dans le cliché “Homme VS nature” — et ça fait du bien.

Jumpers, réalisé par Daniel Chong, 2026, 1h45, en salles depuis le 4 mars

Une question qui envisage le monde autrement

Et si… nos médecins prescrivaient des balades en forêt ?

Il existe un traitement gratuit qui réduit le stress, abaisse la tension artérielle et diminue les risques de maladie. Son nom ? La nature.

Accéder régulièrement à un espace vert améliore notre santé physique et mentale, sans ordonnance ni effets secondaires — et c’est prouvé par la science. Alors, question (pas si absurde) : et si on remboursait ce “traitement” préventif ?

Il se passe quoi au bureau cette semaine ?

Un portrait plein d’aplomb

Un métier où il y a 7 fois plus d’offres que de candidats en France ? Oui, ça existe : plombier-chauffagiste. Notre journaliste Fabien a passé la journée avec Laurène, ancienne ingénieure en mécanique reconvertie, pour découvrir les coulisses de la profession.

Et il est même tombé de vélo au passage, donc pour que sa chute n’ait pas été vaine : allez voir la vidéo 👇

La reco de Morgane

Morgane, c’est notre super responsable audience. Elle a un talent : dénicher des sites improbables et merveilleux. Sa dernière trouvaille ? Le compte @paris1970_2026 qui publie en miroir des photos de la capitale, avec 56 ans d’écart.

Résultat : un vrai voyage dans le temps et une manière très concrète de mesurer les évolutions de la ville (moins de voitures, plus de végétation, youpi !).

Vous nous écrivez

Je sais qu’on vous le dit souvent, mais vraiment, vos petits messages d’amour — comme celui de Daerys ci-dessous — nous font chaud au coeur. Alors continuez 😍

Cette édition a été concoctée par : Pierre Fortin, Paulin Viguier, un grand tétras, et Pauline Vallée (référente éditoriale).

Rédactrice en chef 2050NOW : Aude Baron. Directeur général 2050NOW : Vincent Giret.

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