Ce n’est pas moi qui l’invente : fin janvier, la France a mis à jour sa Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (de son petit nom, la ✨TRACC✨).
Objectif : anticiper les futurs impacts climatiques sur notre territoire.
Spoiler : on fonce droit vers +2,7°C d’ici 2050.
Et quand on regarde la carte du réchauffement, un détail saute aux yeux 👇

Température moyenne annuelle. Source : DRIAS
Vous avez remarqué ? Eh oui, la zone la plus claire — celle où le réchauffement sera moins intense — se situe dans la partie nord-ouest du pays.
Quand on se projette dans un futur lieu de vie, forcément… ça pèse dans la balance.
Ce n’est pas une coquetterie, mais un vrai sujet pour ceux qui cherchent à échapper à long terme aux conséquences du changement climatique :
4 Français sur 10 pensent qu’ils devront un jour quitter leur région actuelle à cause des incendies, inondations, canicules ou tempêtes.
45 % des 18-30 ans anticipent un déménagement climatique.
3 Français sur 10 se disent prêts à changer de commune et 1 sur 10 à carrément changer de région.
Fuir… mais pour aller où ?
La Bretagne arrive en tête des destinations convoitées, suivie par la Normandie. Et les plus enclins à partir sont les habitants du Sud et de l’Île-de-France 👇

% de personnes qui envisagent de déménager pour des raisons climatiques (par région). Source : Odoxa
Les enjeux
Cette préférence repose-t-elle sur de vraies bases scientifiques ? Ou sur un amour des galettes-saucisses ?
Pour vérifier mon intuition, j’ai appelé Jean-Michel Soubeyroux, directeur adjoint scientifique chez Météo-France.
Son verdict tient en deux mots : “oui, mais”.
Oui, la Bretagne, la Normandie — on peut ajouter les Hauts-de-France dans la liste — seront moins exposés aux extrêmes de chaleur que d’autres régions.
Mais elles ne seront pas épargnées par le dérèglement climatique.
“Rennes a dépassé les 40°C en 2019. Même à Brest, le record est à 39,3°C. Les extrêmes sont moins fréquents, mais on n’est pas à l’abri”, prévient-il.
En clair, moins chaud ne veut pas dire climatiquement safe. Voici la liste (non-exhaustive) des risques qui pèsent sur ces régions :
Bretagne
Sécheresses estivales de plus en plus fréquentes + réserves en eau situées majoritairement en surface → risque de manque d’eau
🔥 Risque accru de feux de forêt (on se souvient de l’incendie de la forêt de Brocéliande en 2022)
🌊 Montée des eaux jusqu’à +24 cm d’ici 2050 → érosion du littoral
Normandie
☔️ Pluies plus fréquentes en hiver + remontée des nappes phréatiques → risque accru d’inondations, en particulier dans la Manche et le Calvados
🌊 Érosion du littoral → risque d’effondrement des falaises, notamment en Seine-Maritime et dans le Calvados
Et dans les faits, la France est encore loin de connaître des migrations internes massives.
Quand on regarde l’évolution du foncier — via ce site que je vous conseille, on peut s’y perdre pendant des heures ! — les prix augmentent dans le Morbihan et le Calvados… mais aussi dans le Var et l’Aude, des zones pourtant ultra-exposées aux risques de fortes chaleurs et de sécheresses 👇

Source : Explorateur de données de valeurs foncières
Ce qui se comprend. Au moment de choisir son lieu de vie, d’autres contraintes (travail, famille…) peuvent peser bien plus dans la balance que les futures conditions climatiques !
Autre facteur à prendre en compte : le bâti existant. Vivre quelque part, ce n’est pas seulement prendre en compte les contraintes climatiques de base, mais aussi comment le territoire est organisé.
Certaines régions historiquement moins exposées aux fortes chaleurs sont par exemple moins bien préparées à ce risque : maisons mal isolées, pas de volets, peu d’espaces ombragés ou végétalisés…
Concrètement, je fais quoi ?
Les 69 millions de Français ne vont pas tous pouvoir s’exiler dans une chaumière normande. Ce n’est pas possible, ni même souhaitable !
En revanche, on peut anticiper les forces et faiblesses de son (futur) lieu de vie grâce à ces outils gratuits :
Climadiag Commune (Météo-France) → Incontournable pour connaître les projections climatiques exactes à l’échelle de sa commune. Il suffit de renseigner son code postal et toutes les infos apparaissent : température moyenne, nombre de jours très chauds/an, nombre de nuits tropicales/an…
Aux Alentours (MAIF) → Vous pouvez entrer carrément votre adresse ! Le site liste les risques naturels auxquels votre habitation est confrontée (inondation, retrait-gonflement des argiles, séisme, sécheresse…).
Vivrovert → On renseigne ses préférences (altitude, ensoleillement, proximité de gares, offre culturelle… le choix est vaste !) et l’outil propose une sélection de lieux compatibles.
Où Vivre → Utile pour croiser plein de critères (jours > 30 °C, présence de forêts publiques, qualité de l’air…) et visualiser les régions les plus intéressantes 👇

Mes critères : présence de forêts publiques et nombre de jours/an supérieurs à 30°C. À moi l’est de la France pour un max de fraîcheur et de chlorophylle !
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