

Bonjour c’est Vincent,
J’ai enfin mis un visage sur le “S” de RSE (responsabilité sociétale des entreprises).
C’est celui de Karam.
Je l’ai rencontré l’été dernier grâce à une connaissance commune.

Vincent à gauche, Karam à droite ✌️
Karam Hassan s’est vu mourir au moins trois fois et n’a dû son salut qu’à une endurance inouïe, une sacrée bonne étoile et à quelques mains tendues aux moments critiques.
Il naît au Darfour au Soudan. Cadet d’une famille aimante de 7 enfants, père boulanger, mère courage, sur une terre brûlée par le soleil et rattrapée par la misère, la famine et les guerres ethniques.
Son père est prêt à tout pour offrir un avenir à un fils. Bac en poche, Karam s’envole avec les économies de la famille vers l’Inde, à Hyderabad, découvre la liberté, et revient avec un beau bagage universitaire.
Mais à son retour, il est arrêté à l’aéroport et jeté en prison. Un camarade l’a dénoncé et accusé de s’être compromis à l’étranger dans une activité militante contre le régime.
Roué de coups, il est libéré après de longues semaines. Le piège se referme : Karam doit à son tour infiltrer des groupes de jeunes, dénoncer, recruter… sinon il retournera en prison…
Il finit par tout raconter à son père, qui ne voit qu’une issue pour protéger son fils : le départ et l’exil, dès le lendemain matin, de l’autre côté de la frontière, en Égypte, sans même avoir le temps de saluer sa famille…
Une autre histoire commence. Karam est pris dans les griffes de passeurs, qui lui font miroiter un avenir mirifique au Royaume-Uni. Le voilà embarqué dans un voyage au bout de l’enfer qui le mènera jusqu’à la “jungle” de Calais.
La suite, vous pourrez la lire dans son récit bouleversant d’humanité “Un rêve plus loin” — mais dont je vous livre l’épilogue provisoire : Karam est aujourd’hui français, il a intégré L’Oréal, et porte une belle association, “La voix des réfugiés”.
Au sommaire
🐟 Manger du poisson sans poison
🌸 Écouter le chant des fleurs
🦦 Dessiner les détours de la rivière
🧭 Écrire ses petits bonheurs

Organisé par Bpifrance, Jour E rassemble des entrepreneurs et entrepreneuses qui veulent passer à l’action sur la transition écologique.
Au programme (à retrouver ici) : une journée d’échanges et de travail autour de cinq grands thèmes — économie circulaire, biodiversité, adaptation, énergie verte et décarbonation de l’industrie.
📅 Rendez-vous le 2 avril de 10h à 17h30, au parc Chanot à Marseille, pour une journée pensée comme un temps positif, collaboratif et orienté solutions.

La rubrique pour vivre mieux
Manger du poisson durable, oui… mais comment ?

Salut, c’est Pauline 👋 Chez 2050NOW, on publie chaque mois sur Instagram un calendrier des produits de saison (fleurs, fromages, légumes…). Un jour à la rédac, gros débat : faut-il continuer à y inclure… les poissons ?
Deux visions se sont affrontées :
Ceux qui pensent qu’il ne faut pas encourager la consommation de poisson — comme la viande, son impact est loin d’être neutre (on y revient juste après).
Ceux qui rappellent que 96 % des Français en mangent — autant les aider à choisir les options les moins dommageables pour la planète.
Au final, pour d’autres raisons, on les a retirés de notre calendrier. Mais toutes ces discussions m’ont donné envie de creuser la question de la pêche durable. J’ai donc demandé à notre journaliste Marc de s’y plonger (vous l’avez ?) 👇
Les enjeux
Nous sommes de gros mangeurs de poissons. Les Français en avalent chacun plus de 21 kg par an. Réputés meilleurs pour la santé que la viande, les produits de la mer ont envahi nos assiettes.
Et ce n’est pas forcément une bonne nouvelle :
1 poisson sur 3 est victime de surpêche — parmi les 80 millions de tonnes de poissons pêchés chaque année dans le monde. Ça monte quasiment à 2 poissons sur 3 en Méditerranée.
1 poisson sur 5 est issu de la pêche dite “INN” (Illégale, Non déclarée et Non règlementée). Un business noir aux effets dévastateurs : déclin d’espèces marines fragiles, effondrement des moyens de subsistance des pêcheurs locaux, travail forcé à bord des navires…
Si la demande a explosé — la consommation de poissons et crustacés a doublé en un demi-siècle — les réserves halieutiques s’effondrent.

Évolution de la surpêche depuis les années 70
Bref : il y a urgence à consommer moins et mieux.
Pas si facile, car “ derrière le poisson que nous consommons se cache souvent une industrie opaque minée par le manque de traçabilité et l’absence de durabilité”, affirme Elodie Jolivet, porte-parole de la Fondation de mer.
Le premier réflexe, idéalement, serait d’arrêter d’en manger.
Mais si vous n’êtes pas encore prêts, vous pouvez quand même réduire votre impact en changeant vos habitudes.
Pour le savoir, je suis allé à la pêche aux conseils auprès de trois spécialistes :
Philippe Vallette, fondateur Centre de la mer Nausicaa
Elodie Jolivet, porte-parole de la Fondation de mer
Esther Dufaure, cofondatrice de l’ONG Seastemik
Je fais quoi ?
Réduire → En consommer entre 10 et 12 kg par an et par personne. Autrement dit, diviser par deux notre ration moyenne ! Ça revient à six portions par mois.
Diversifier → Au lieu de s’enfermer dans le trio saumon-thon-cabillaud, qui intensifie l’épuisement des stocks 👇

Source : Enquête Harris Interactive (2025)
Changeons nos habitudes, osons des espèces moins prisées (soyons fous !) : raie, rouget, merlu, mulet, maigre, tacaud, merlan, grondin, sardines… Mais aussi les algues, les coquillages ou des huîtres élevés en France.
Manger de saison → Suivre le cycle de reproduction propre à chaque espèce, pour lui permettre de se renouveler.
C’est plus compliqué que pour les fruits et légumes, car la saisonnalité dépend aussi de la zone géographique.
Le plus simple : demandez conseil à votre poissonnier. Vous pouvez aussi croiser ses infos avec des calendriers de saison (comme celui du ministère de l’Agriculture ou nos carrousels Instagram dispo ici).
Fuir les espèces les plus problématiques.
🍣 Comme le saumon : 99 % de celui que vous achetez provient d’élevages le plus souvent intensifs — synonymes, pour l’ONG Bloom, de catastrophe écologique et sanitaire.
“Dans les élevages intensifs, les maladies, les traitements contre les poux de mer, la densité font que le taux de mortalité est énorme. Les Norvégiens exportent des saumons malades ou blessés qui devraient être interdits à la vente”, dénonce Esther Dufaure.
Notre journaliste Maëlys le décortique très bien dans cette vidéo 👇
Deuxième argument : les saumons importés de Suède et de Finlande sont contaminés à deux polluants éternels (PFOA et PFOS) cancérigènes.
🦐 Évitez le thon et la crevette, car les ONG considèrent leur production comme nocives pour l’environnement et les populations locales.
Surveiller la provenance → J’en ai fait l’expérience au supermarché près de chez moi. Sur un emballage de dorade grise, l’étiquette indiquait “pêché en FAO 27”.
Ça fait référence à la zone de pêche FAO où a été capturé le poisson. Bonne pioche : dans cette zone 27 (Atlantique nord) 80 % des stocks sont exploités de façon durable.
Ce n’est pas le cas partout. Mon conseil : préférez les zones proches de nos côtes comme la 27-VII (Manche) ou la 27-VIII (Golfe de Gascogne).

Bref : lisez les étiquettes !
Regarder la technique de pêche utilisée → Un deuxième coup d’œil sur l’étiquette permet de savoir si ma dorade grise a été prise dans les filets d’un chalutier. En très résumé :
✅ engins “dormants” (lignes, casiers, nasses, etc)
❌ engins “traînants” (senne, chalut, etc)
Limiter les produits transformés → La majorité des poissons que nous mangeons ont subi une double transformation : séchage, découpe, cuisson, conditionnement, salage, fumage, marinade, plats préparés… etc.

Problème : pour ces produits omniprésents en rayons, il n’y a aucune obligation d’étiquetage, dénonce Elodie Jolivet. Il est donc impossible de déterminer l’espèce, l’origine ou l’engin de pêche utilisé de… 38 % des produits de la mer transformés vendus en France !
Ne pas faire aveuglément confiance aux labels → Pavé de saumon certifié ASC (aquaculture responsable), crevettes bio d’Equateur certifiées AB (agriculture biologique), dos de cabillaud islandais certifié MSC (pêche durable)… selon Bloom et Seastemik aucun de ces labels ne garantit en réalité une pêche durable.
“Le label MSC, lancé par le WWF, a le mérite d’exister, nuance Philippe Vallette, mais il certifie en grande partie des pêcheries industrielles qui paient directement les organes de certification.”
En résumé
Manger du poisson durable peut vite tourner au parcours du combattant. Courage, on est ensemble dans cette galère.
Le mieux est d’aller chez des poissonniers qui soutiennent la pêche artisanale. Qui savent où, comment, et quand ont été pêchés leurs poissons.
Sinon, il existe des bons plans en ligne :
👨💻 Le guide WWF sur les produits de la mer signale les espèces à valoriser et celles à éviter. Bien utile avant d’aller chez son poissonnier !
🧑💻 La carte de la pêche locale de l’association Pleine mer permet en un clic de savoir où acheter (y compris en Île-de-France) poissons, coquillages et crustacés issus de la pêche artisanale.
🧑💻 La boutique en ligne Poiscaille propose des produits de la mer ultra-frais, fournis par des pêcheurs côtiers français équipés de bateaux de moins de 12 mètres. Livraison partout en France sur abonnement ou à la carte. Les prix sont certes 20 % au-dessus du marché, mais ça permet de leur garantir une juste rémunération.
📌 Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

Pour un job qui vous ressemble
Coordinateur·rice de programmes eau, biodiversité & climat – CPIE Rhône‑Pays d’Arles – Arles (13) : Réunir élus, associations et habitants autour d’un même objectif écologique : voilà le défi du CPIE Rhône-Pays d’Arles. L’organisation cherche une personne pour coordonner des programmes autour de l’eau, de la biodiversité et du climat. Si vous aimez faire dialoguer les acteurs et transformer les idées en projets concrets, foncez !
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Chargé·e de projet Alimentation durable – Ville de Viroflay - Viroflay (78) : Des cantines plus locales, plus saines et plus responsables : Viroflay passe à table pour la transition alimentaire. La ville cherche une personne pour structurer sa stratégie, développer des partenariats et améliorer les approvisionnements des restaurants municipaux.
Vous souhaitez diffuser votre offre d'emploi ? Contactez ici notre équipe commerciale.

On s’aère les neurones
Avoir l’oreille verte

“De la musique pour les plantes et les gens qui les aiment” : c’est ce qu’a créé Mort Garson, génial bidouilleur de synthé Moog et compositeur de musique électronique, en 1976.
À écouter parce que :
C’est le meilleur moyen de penser à arroser vos plantes.
C’est l’occasion de se demander si la musique a vraiment un effet sur les végétaux, et spoiler : oui. Vous pouvez donc continuer de leur parler !
Ça donne envie de se promener en forêt pour écouter la nature… et entendre la musique se composer en temps réel.
Mother Earth's Plantasia, à écouter ici ou acheter en vinyle sur la marketplace de Discogs

Une question qui envisage le monde autrement
Et si… on changeait nos cartes de France ?
Prenez n’importe quelle carte géographique : les rivières y apparaissent comme de fins traits bleus, serpentant sagement entre montagnes marron et vertes forêts. Une image qu’on apprend dès l’école… mais qui ne ressemble pas du tout à la réalité.
Comme l’écrit Baptiste Morizot : “Nous devons oublier l’image réductrice du cours d’eau présenté par un trait bleu sur la carte. Il faut restaurer une présentation confuse, voire labyrinthique de la rivière. Cette dernière doit pouvoir s’exprimer, se fâcher, s’étaler.”
Dans un monde où sécheresses, crues et méga-feux vont devenir plus fréquents, il est urgent de revaloriser les rivières. Et ça commence par les représenter correctement, non ?

Il se passe quoi au bureau cette semaine ?
LGV : le crime de l’Occident-Express
En chantier depuis 2024, le projet de ligne à grande vitesse Bordeaux-Toulouse continue de faire débat. Maëlys démêle ce casse-tête avec Aurélien Bigo, chercheur à l'Institut Louis Bachelier et spécialiste de la transition énergétique des transports 👇
La reco de Morgane
Morgane, c’est notre super responsable audience. Elle a un talent : dénicher des sites improbables et merveilleux. Sa dernière trouvaille ? Une carte interactive où 10 000 personnes racontent la dernière chose qui les a rendues heureuses.
Résultat : 10 000 petits bonheurs à lire sans modération 💛
Et vous, qu’est-ce qui vous rend heureux ? Partagez-le ici.
Un détour par le détroit
Le 11 mars, les pays membres de l’Agence internationale de l'énergie ont décidé à l’unanimité de libérer 400 millions de barils de pétrole sur les marchés — soit un tiers de leurs réserves stratégiques.
Pour comprendre ce que change, pour nous, le blocage du détroit d’Ormuz, rendez vous sur notre newsletter géopolitique Warm by 2050NOW.
Vous nous écrivez
Après la question de la longueur de la newsletter, voici une autre interrogation existentielle : est-ce que la rubrique “Bon Taff” vous plaît telle qu’elle est aujourd’hui ?
Ou est-ce qu’on devrait la faire évoluer pour vous proposer autre chose (toujours autour du travail, bien sûr) ? Vous faire découvrir des métiers méconnus de la transition écologique par exemple ?
Je suis preneuse de vos idées et de vos retours sur sa forme actuelle — dites-nous tout par mail ici 💌
Oups…
Une petite coquille s’est glissée dans notre dernière newsletter (oui, ça arrive même aux meilleurs). Sur l’infographie du grand angle, les chiffres ont été inversés : c’est le bus qui émet 1,22 kg de CO₂ par km, et le métro 0,04 kg.
La version corrigée de l’infographie est disponible ici si vous voulez télécharger la bonne. Et merci à celles et ceux qui nous l’ont signalée 🙏
Un avis sur cette newsletter ?
Cette édition a été concoctée par : Morgane Becker, Marc Lomazzi, Charlotte Meyer, Paulin Viguier et Pauline Vallée (référente éditoriale).
Rédactrice en chef 2050NOW : Aude Baron. Directeur général 2050NOW : Vincent Giret.








