Notre journaliste Cécile a décidé de creuser un sujet qui nous concerne tous au quotidien : les transports.
D’abord parce qu’ils structurent notre quotidien : comment on va au travail, à l’école, voir ses proches.
Ensuite parce que les maires ont plus de leviers qu’on ne le pense : pistes cyclables, bus, stationnement, urbanisme… → On peut les pousser à agir.
Avant d’entrer dans le détail, trois chiffres à garder en tête :
1 Français sur 5 n’a pas d’arrêt de transport en commun à moins de 10 minutes à pied.
1 sur 3 — les ménages ruraux — génère la moitié de la pollution liée aux déplacements du quotidien.
2 sur 3 font confiance aux collectivités locales pour répondre à leurs besoins, contre 8 % au gouvernement.
Les enjeux
Vous ne le saviez peut-être pas, mais en France, les transports sont responsables d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre, devant l'agriculture ou la construction.
Le transport routier représente 94 % de ce total, en grande partie à cause du recours toujours massif à la voiture individuelle.
Quelques chiffres à retenir :

Se déplacer, ce n’est pas qu’une affaire de CO2 : c’est aussi une question d’opportunités → 3 jeunes sur 4 ont déjà renoncé à un emploi ou une formation à cause d’un problème de mobilité.
Mais plutôt que de culpabiliser celles et ceux qui n’ont pas d’autre choix que de prendre la voiture, regardons du côté des élus locaux. Car en matière de mobilité, ils ont de vrais leviers d’action.
Que peuvent faire les communes ?
Sans entrer dans le détail du millefeuille administratif (je m'y suis moi-même cassé les dents), vous pouvez retenir que :
Les communes gèrent les voies communales. Elles peuvent créer une piste cyclable ou piétonniser une rue.
Les communautés de communes désignées comme les ✨Autorités organisatrices de la mobilité✨ (AOM — je vous en reparlerai plus tard) organisent les transports publics, les transports scolaires et les services de mobilité partagée.
Les collectivités locales ne peuvent pas tout — l’État et l'Union européenne ont aussi leur rôle à jouer. Mais leur rôle n'en est pas moins crucial.
D'autant que, pour répondre aux besoins du quotidien, elles remportent une franche confiance des citoyens.
Elles l’ont fait !
Impossible de sortir une recette magique : les besoins ne sont pas les mêmes à Paris, à Denain ou en périphérie d’une petite ville.
Mais un point fait consensus du côté de l’ADEME : avant d’agir, il faut diagnostiquer son territoire. Et ça tombe bien, elle a accompagné le développement d'un outil de diagnostic accessible à tous.
Ensuite ?
Voici quelques initiatives de mobilité durable déjà déployés en France — et qu’on vous détaille juste après 👇
(la carte est collaborative donc n’hésitez pas à l'enrichir avec des projets menés près de chez vous !)
Côté ville
Organiser un réseau de transports en commun régulier, avec une tarification solidaire voire la gratuité → 📍Dunkerque
Favoriser les mobilités actives (vélo, marche) et sécuriser leur déploiement → 📍 Grenoble, classée première “grande ville” cyclable de France avec ses 500 km d'itinéraires
Mettre en œuvre des rues scolaires pour sécuriser et encourager les déplacements actifs à proximité des écoles → 📍 Lille
Déployer un réseau dense de bornes de recharge → 📍 Grenoble, Clermont-Ferrand, Toulon et Dijon sont les grandes villes les mieux équipées au regard du nombre de véhicules électriques qui y circulent
Électrifier leur flotte (bus, utilitaires…) pour montrer l’exemple → 📍 Roanne qui vise des bus 100 % électriques
Côté zones rurales
Développer les systèmes de covoiturage, d'autopartage ou encore d'auto-stop, à l'image du service Rezo Pouce, qui met en lien des personnes qui habitent à côté pour faciliter leurs déplacements → 📍 Savigny-le-Vieux en Normandie ou 📍 Valbonnais en Auvergne-Rhône-Alpes
Transformer certaines petites routes en voies cyclables. Par exemple, réaffecter 1,8 % du réseau routier au vélo permettrait de mailler les territoires ruraux (sans avoir besoin de construire des aménagements supplémentaires) → 📍 le département de la Manche a déjà requalifié des routes départementales en voies vertes
Et moi, je fais quoi ?
Je m'organise directement avec mes voisins…
En rejoignant une association locale qui porte des propositions concrètes pour des transports plus durables et inclusifs. Vivons sans voiture en répertorie certaines.
En développant des systèmes de covoiturage et/ou d'autopartage solidaires.
Je m’implique dans…
Le conseil de quartier, qui est un vrai espace de propositions sur la vie locale. J’ai de grandes chances d’en trouver un, car il est accessible dans les communes de plus de 20 000 habitants et même obligatoire dans celles de plus de 80 000.
Le comité des partenaires de mon territoire, en contactant mon AOM locale ou régionale. Employeurs, salariés, associations et habitants y coordonnent les politiques de transport à l’échelle intercommunale.
Le budget participatif de ma commune, une initiative proposée par de nombreuses villes qui me permet d’affecter une partie du budget municipal → 📍 Paris, une centaine d'idées proposées par des habitants ont été retenues lors de sa 11e édition, parmi lesquelles sécuriser des traversées piétonnes et développer la pratique du vélo en quartier populaire.
J'interpelle les élus…
Mon maire ou le conseiller municipal en charge des transports de ma commune, pour lui proposer mes idées ou le convaincre de lancer un débat public sur les mobilités. Leurs coordonnées sont répertoriés dans l'annuaire des maires de France.
En lançant ou soutenant une pétition sur un sujet de mobilités durables (via des outils comme Change.org). Elles ne sont pas contraignantes juridiquement, mais peuvent peser dans le débat. Surtout si elles recueillent un grand nombre de signatures !
Merci aux personnes qui m’ont aidée à écrire cet article :
Antoine Dupont, chef de service adjoint Transports et mobilité à l'ADEME
Sébastien Mariani, secrétaire général adjoint de la Fédération générale transports environnement FGTE-CFDT et rapporteur de cet avis du Conseil économique, social et environnemental
Yann Tréméac, consultant indépendant
Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.



