Avec le retour des beaux jours et les ponts de mai qui se profilent à l’horizon (franchement, cette année, on est gâtés), l’envie de s’offrir un petit week-end d’évasion pointe le bout de son nez.
Mais comment se faire plaisir sans exploser son bilan carbone ?
J’ai fait le test en organisant un week-end à Barcelone pour deux.
Verdict : même en réservant 3 mois à l’avance, mon séjour express pique un peu :
933 € à deux pour un vol low-cost et deux nuits dans un Airbnb proche de la Sagrada Familia
860 kg de CO2 émis rien que pour le trajet en avion — soit 5 fois plus que les émissions habituelles sur la même période

Dit autrement : organiser deux week-ends de ce genre (Barcelone + Rome par exemple) revient à cramer un mois entier de notre budget carbone annuel.
Les enjeux
Le tourisme en France représente 97 millions de tonnes de CO2 — l’équivalent des émissions annuelles de 10 millions de Français. C’est le cinquième secteur le plus émetteur.
Plus des deux tiers de ces émissions sont générés par les transports, avion en tête, loin devant l’hébergement et la restauration.
Pour rester aligné avec les objectifs de l’Accord de Paris, le secteur du tourisme doit réduire ses émissions de 40 % à 50 % d’ici 2030.
En clair, notre modèle touristique actuel ne tient pas la route.
Mais pas besoin de faire une croix sur les week-ends sympas de mai. Il existe des moyens de voyager autrement, sans exploser son empreinte carbone — et sans renoncer au plaisir.
Les 5 règles d’or
Ne partez pas trop loin. Après tout, la France est le plus beau pays du monde.
Oubliez l’avion. Privilégiez les transports bas carbone : train, covoiturage, vélo, il y a largement de quoi faire.
Évitez les spots surblindés. Moins de monde = moins de pression sur les ressources + plus de plaisir. Indice : fuyez les destinations vues 1 million de fois sur Instagram.
Choisissez un hébergement éco-responsable via des labels comme Écolabel européen, Écogîte et Greenglobe (voilà une liste de ceux recommandés par l’ADEME). Et si vous faites appel à un professionnel du trek, des balades à vélo ou du canyoning, vérifiez qu’ils ont bien le label Acteur du tourisme durable ou Agir pour un tourisme responsable.
Inspirez-vous des pros du tourisme durable. Certains opérateurs (une liste ici) proposent déjà des séjours pensés pour réduire l’impact — une bonne base pour trouver des idées.
Nos conseils bonus pour partir (vraiment) autrement
Vous avez les bases ? Parfait.
Voici maintenant quelques bons plans concrets pour passer à l’action.
Où partir en Europe ?
Cap sur des villes faciles d’accès en train et engagées :
Zurich et Berne en Suisse
Fribourg-en-Brisgau et Aix-la-Chapelle en Allemagne
Rotterdam aux Pays-Bas
Gérone en Espagne

Où partir en France ?
Le dépaysement est souvent à quelques heures de chez vous. Mes recos :
Faire de la rando, du VTT ou du parapente dans des stations de montagne comme la Bresse dans les Vosges ou Métabief dans le Jura.
Piquer une tête dans les lacs du Bourget, des Settons dans le Morvan, du Der dans la Marne.
Sillonner à pied ou à vélo les parc naturels du Perche, du Cantal ou du Queyras.
Profiter de parcs de loisirs labellisés comme celui de Branféré en Bretagne, de Beauval près de Blois ou de la cité des insectes Micropolis dans l’Aveyron.
Visiter la côte rochelaise ou la forêt royale de Compiègne avec la formule train + vélo (plein d’idées sur le site de Hourrail en sélectionnant les boucles de moins de 4 jours).
Découvrir des bouts de France au fil de l’eau, à bord d’un bateau ou d’une pénichette électrique → vous en trouverez en location chez Nicols, les Canalous ou Marin d’eau douce.
Nos astuces spécial train
Anticiper au maximum (et poser des options gratuites pour bloquer les prix sur le site de la SNCF).
Utiliser des outils comme Chronotrains (pratique pour voir où aller en X heures depuis une gare spécifique) ou Mollow (itinéraires + idées sur place).
Passer par des voyagistes spécialisés, comme European sleeper, avec lequel on peut se rendre à Berlin ou Prague en train de nuit depuis Bruxelles.
Tester l’astuce de la gare intermédiaire qui consiste, pour faire A → B, à réserver un billet de train A → C et de descendre à B en gare-étape.
Démonstration : pour un départ le même jour, à la même heure, de la même gare, un Paris - Perpignan coûte 74€ contre 59€ pour un Paris - Barcelone (qui dessert bien Perpignan).
Nos conseils lecture
Quelles que soient vos envies, vous trouverez une foule d’infos sur les sites de l’Agence nationale du tourisme, de la Fédération de randonnée, de Montain Wilderness et des parcs naturels.
À lire pour piocher des idées :
Le guide Tao France → la bible du voyage éco-responsable (disponible aussi en version numérique)
Slow tourisme : 52 séjours en France → des gorges de la Sioule à la pointe du Cotentin, plein d'idées et de bonnes adresses pour découvrir la France en mode slow.
Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

