Je ne sais pas pour vous mais à l'école, les sciences de la vie et de la Terre, c’était vraiment pas mon truc. Résultat : j’ai longtemps cru que l'observation des plantes ou des animaux n'était pas faite pour moi.
Jusqu’à ce que je découvre les sciences participatives.
Le principe est simple : des citoyens comme vous et moi peuvent contribuer à la recherche scientifique. Même sans bac + 48 en biologie. Autant dire que ça m’a donné envie de creuser le sujet.
Vous êtes prêts ? Je vous explique !
Les enjeux
Contrairement aux idées reçues, étudier le vivant n’est pas réservé à quelques chercheurs en blouse blanche.
Depuis les années 2000, des programmes permettent à des naturalistes amateurs de collecter des données sur la faune et la flore — et utiles à la recherche.
Et ça prend de l’ampleur :
6 Français sur 10 se disent prêts à contribuer au développement de la recherche scientifique.
La France fait partie des pays les plus actifs sur ces sujets. Elle occupait en 2016 le 7e rang mondial (et 3e rang européen) des pays qui publient sur les sciences participatives.
Le nombre de citoyens engagés dans un programme de sciences participatives sur la biodiversité a été multiplié par 5 en seulement dix ans !
Surtout, ces programmes permettent des avancées scientifiques concrètes.
Le programme BioLit, piloté par le Muséum national d’Histoire naturelle (MNHN), a permis d’observer plus de 800 espèces sur le littoral.
Les données du programme Spipoll ont documenté l’expansion d’une abeille sauvage venue d’Asie.
Plus impressionnant encore : un papillon considéré comme éteint depuis 1875 a été redécouvert en Afrique du Sud… grâce à des observations amateures sur une plateforme collaborative.
Dans un contexte où les chercheurs manquent parfois de temps, de moyens et d'effectifs pour mener certains projets, ces programmes prennent une importance toute particulière.
Les solutions
Comment faire passer les sciences participatives au niveau supérieur ?
Quelques leviers-clés :
Mieux les intégrer dans les politiques de recherche → en incitant les décideurs politiques et financeurs à soutenir davantage ces programmes, qui complètent efficacement la recherche classique.
Créer plus de lien entre les initiatives existantes pour mutualiser les outils et les savoirs → le collectif National sur les sciences participatives - biodiversité de la LPO travaille déjà à structurer cet écosystème.
Rassurer sur la qualité des données → en continuant à convaincre les institutions scientifiques que les données collectées par les citoyens peuvent être fiables — à condition d’être bien encadrées.
Mieux accompagner les chercheurs et chercheuses → en co-construisant de la façon la plus étroite possible les programmes de sciences participatives avec les structures porteuses des projets.
Et moi, je fais quoi ?
Je rejoins un programme
Le portail OPEN co-fondé par le MNHN recense plus de 200 programmes de sciences participatives à travers la France.
Le réseau Vigie-Nature porté par le MNHN et l'Office français de la biodiversité permet également d'accéder à un large panel de programmes participatifs.
L’idée, c’est de choisir quelque chose adapté à votre niveau, votre temps et vos envies.
Posez-vous ces questions en amont :
Est-ce que je suis novice ou avec des connaissances spécifiques ?
Novice : Il existe de nombreux programmes qui ne demandent pas de savoir spécifique sur le portail OPEN — comme l'Observatoire participatif des oiseaux des jardins. Il suffit pour cela de choisir l'option “niveaux : pour tous (pas de connaissance spécifique)”.

Expert : Le programme de suivi temporel des oiseaux communs (STOC) fait partie des programmes de sciences participatives qui s'adressent aux ornithologues confirmés, comme le programme de suivi temporel des libellules (STELI).
Est-ce que je suis plutôt mer, montagne ou forêt ?
Mer : Là encore, rendez-vous sur le portail OPEN pour choisir l'option “mer & littoral”. Vous y trouverez par exemple le programme national de recensement des observations de requins pèlerins, coordonné par l'Association pour l'étude et la conservation des sélaciens, ou le programme national BioLit, qui propose de très nombreuses actions de sciences participatives sur la biodiversité du littoral.
Montagne : L'observatoire Belle rencontre permet par exemple d'aider à mieux connaître le lagopède alpin et le lièvre variable, deux espèces de montagne particulièrement discrètes.
De son coté, l'observatoire Phénoclim invite les habitants en montagne et à proximité à transmettre leurs observations d'espèces de plantes et d'arbres communes, afin de suivre l'évolution des saisons en réponse au changement climatique.
Forêt : L'Observatoire de la biodiversité des forêts vise à obtenir des données qualitatives sur la biodiversité présente en forêt pour compléter l’Inventaire national du patrimoine naturel.

Est-ce que je suis plutôt team canapé ou balades au grand air ?
Team balade : De très nombreux programmes de sciences participatives, comme ceux détaillés juste au-dessus, permettent d'aller se dégourdir les jambes tout en aidant la science.
Team canap : Dans le programme Espions des Océans, lancé par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer, vous analysez des photos et des vidéos prises sous la mer afin d'identifier les espèces visibles et aider à mieux comprendre les effets du changement climatique… sans bouger de chez vous.
Dans la même veine, Wild Mont-Blanc propose à ceux qui le souhaitent d'identifier les animaux présents dans les centaines de milliers d'images prises dans le massif du Mont-Blanc.
Je participe à des événements
N'hésitez pas à prendre part aux festivals dédiés aux sciences participatives pour rencontrer d'autres curieux — comme le festival Va savoir ?! à Montpellier par exemple.
Regardez du côté des événements organisés par les programmes que vous suivez. Certains programmes comme le Spipoll organisent des rencontres nationales.
Je crée un programme
Formez-vous pour monter un programme de sciences participatives grâce à l'outil en ligne développé par le MNHN.
Merci à :
Vanessa Manceron, directrice de recherche au CNRS et autrice de Les veilleurs du vivant. Avec les naturalistes amateurs
Marjorie Poitevin, animatrice du CNSPB
Émeline Bentz, maraîchère et ancienne chargée de projets sciences participatives à la fondation pour la nature et l'Homme.
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