

Bonjour c’est Vincent,
Je viens de passer deux jours à Arles et suis rentré avec une envie irrépressible de me connecter davantage à la nature.
J’y ai entendu des voix puissantes, poétiques, inspirantes :
Celle d’Uyunkar Domingo Peas, l’un des leaders des peuples indigènes d’Amazonie : “Pour nous, la rivière est un être vivant. La nature est en nous et nous sommes la nature”.
Celle du biologiste Marc-André Sélosse : “Nous sommes les sols. Nous vivons, respirons et nous nous nourrissons grâce aux sols.”
Je les ai rencontrés au World Living Soils Forum, le sommet des sols vivants, co-organisé par une coalition de grandes entreprises autour de Moët-Hennessy et ChangeNOW.
Il y a des rencontres comme celles-ci qui vous donnent envie d’y croire.
Des entreprises — souvent concurrentes ! — se sont associées pour la première fois pour inviter des scientifiques de renom, des agriculteurs de France, d’Europe, d’Asie ou des Amériques, des associations, des politiques…
Près de 500 personnes venues du monde entier.
Avec une seule idée en tête : s’unir, coopérer, partager pour accélérer la transition vers l’agro-écologie et l’agriculture régénératrice…
N’y cherchez pas de la com’ mais plutôt une bonne dose de réalisme. Toutes ces entreprises ont rappelé que leurs produits dépendent de la qualité des sols et de ce qu’il y pousse — le coton, la betterave, le houblon, et tant d’autres.
Le consensus scientifique ne doit plus faire débat. De la manière dont nous traitons nos sols, dépend la qualité de notre eau et de notre santé. Et notre avenir.
J’y ai entendu aussi deux bons conseils pour cet été :
Passez quelques jours de vos vacances dans une ferme ou une exploitation agricole. Certaines sont très accueillantes.
Nous avons tous le pouvoir de changer les choses en étant plus attentifs à ce que nous mettons dans notre assiette.

Uyunkar Domingo Peas à gauche et Vincent à droite 📸
Au sommaire
🚜 Ça sent la terre fraîche
🥑 Le retour d’Erin
🥶 Un été à -7°C ?
⛰️ Pourquoi elle a quitté son job

La rubrique pour vivre mieux
Envie d’aider les agriculteurs engagés ? Investissez !

Salut, c’est Pauline 👋 L’agriculture biologique coche beaucoup de cases : meilleure pour la biodiversité, pour la qualité de l’eau, pour notre santé. Mais la filière traverse une période compliquée. Alors pourquoi ne pas lui donner un coup de pouce… avec votre épargne ? Notre journaliste Marc a mené l’enquête pour comprendre comment investir dans le bio.
Les enjeux
L’agriculture française traverse une période délicate. Et pas seulement à cause de la concurrence acharnée de l’Espagne, du Maroc ou de la Nouvelle-Zélande.
La récente flambée des prix du pétrole et les tensions autour du détroit d’Ormuz ont aussi rappelé à quel point notre modèle agricole reste dépendant des énergies fossiles et des intrants chimiques.
Plus largement, l’agriculture intensive se retrouve dans une position inconfortable :
Elle contribue au changement climatique tout en en subissant de plein fouet les conséquences → Sécheresses, inondations, canicules… les aléas climatiques fragilisent déjà les récoltes.
Elle pose des questions de santé publique liées à l’usage des pesticides ou à la consommation croissante de produits ultra-transformés.
Pour répondre à ces défis, l’État a confirmé fin 2025 que l’agroécologie serait au cœur de sa Stratégie bas carbone (SNBC-3).
L’idée : produire autrement, en s’appuyant davantage sur les mécanismes du vivant. Moins d’intrants chimiques, davantage de rotations de cultures, de haies, d’agroforesterie et de biodiversité pour rendre les exploitations plus résilientes.

Le problème, c’est que la transition avance lentement.
Les objectifs sont ambitieux — 1 hectare sur 4 en bio d’ici 2050 contre 1 sur 10 aujourd’hui — pour une filière qui reste fragile (aides fluctuantes, rentabilité incertaine, marges de la grande distribution…).
Et qui se retrouve face à un paradoxe :
📉 Pour la première fois, le nombre de fermes bio a même reculé en 2025.
📈 Les ventes de produits bio repartent à la hausse après plusieurs années difficiles. Quand ils en ont les moyens, les Français continuent donc de privilégier les produits labellisés AB.
Bref, le bio reste un secteur d’avenir mais il a encore besoin d’un sérieux coup de pouce pour changer d’échelle.
Concrètement, je fais quoi ?
Le premier levier est aussi le plus simple : acheter des produits bio. Privilégiez les labels les plus reconnus comme AB, l’écolabel européen (la petite feuille verte) ou Bio Cohérence. D’autres démarches exigeantes existent également, comme Bio équitable France (créé par des producteurs bio) ou la mention de l’association citoyenne Nature & Progrès.
Un cran au-dessus, on peut se procurer directement les produits bio auprès des maraîchers, des AMAP ou des magasins et épiceries spécialisés.
Enfin, pour les plus engagés, il est même possible de soutenir financièrement la transition agricole. Certaines structures proposent d’investir son épargne dans des projets bio, afin d'aider des agriculteurs à s'installer, à acquérir du foncier ou à convertir leur exploitation.
Je vous ai sélectionné trois instrument financiers avec un ticket d’entrée relativement modeste + un horizon d’investissement de long terme + une jolie opération de défiscalisation à la clé.
La Fève, la foncière agricole solidaire
Le principe est simple : votre argent sert à acheter des terres ou des bâtiments agricoles qui seront ensuite loués (avec option d’achat) à de jeunes agriculteurs engagés dans l’agro-écologie.
Avec La Fève, via sa plateforme Le Grenier, l’investissement démarre à partir de 500 euros. En plus de soutenir l’installation de nouveaux agriculteurs, vous bénéficiez d’une réduction d’impôt de 25 % sur les sommes investies.
À long terme, la valorisation du foncier agricole peut également générer une plus-value puisque la valeur de la terre ne cesse de grimper 👇

Source : Safer (2026)
Si vous misez 10 000 euros, vous bénéficierez de 2500 euros d’abattement fiscal l’année suivante. Au bout de 7 ans (durée minimale de détention), votre capital aura atteint, assure le site, 10 719 euros, soit in fine un rendement de 5 % après impôt.
Même logique du côté de Terre de Liens qui achète des terres pour les louer à des agriculteurs bio.
La foncière se finance grâce à vos dons — déductible à 66 % de vos impôts — et la distribution d’actions qui prennent de la valeur avec les années. L’objectif est moins la rentabilité maximale que le financement d’une agriculture durable sur le long terme.
MiiMosa, le crowdfunding au service de l’agro-écologie
Vous préférez choisir directement les projets que vous soutenez ? Le financement participatif est peut-être la meilleure option.
Depuis 2015, la plateforme MiiMosa (agréée par l’Autorité des marchés financiers) a permis de financer plusieurs milliers de projets agricoles et alimentaires. Le principe : vous pouvez prêter de l’argent, à partir de 100 euros, à des agriculteurs ou à des entreprises de la filière, avec des rendements compris entre 5 % et 7 % par an.
D’autres acteurs, comme Hectaréa ou Terrafine, proposent des modèles proches, avec la possibilité de soutenir des projets agricoles précis et de savoir concrètement où va votre argent.
Le fonds Agridurable 1 de France Valley permet aux particuliers d’investir, à partir de 1000 euros, dans des terres agricoles louées à des agriculteurs ou à des viticulteurs.
⚠️ 25 % des sommes investies sont déductibles des impôts mais il y a des frais de gestion et il faut garder ses actions au moins 10 ans.
En attendant, vous touchez en principe des dividendes qui dépendant des loyers versés par les agriculteurs ou les vignerons auxquels le fonds loue les terres et de l’évolution de la valeur du foncier.
Un autre fonds vert, Food for Generations géré par la filiale d’Amundi CPR Asset Management, mise également sur le secteur agricole avec une promesse de rendement de 7 % à 8 % par an.
Avantage : la diversification. Inconvénient : c’est un placement mutualisé — vous ne choisissez pas directement les fermes ou les projets financés.
Qu’est-ce que j’y gagne ?
Un placement considéré comme relativement stable. Comme l’immobilier ou l’or, la terre agricole est souvent perçue comme une valeur refuge, moins soumise aux montagnes russes des marchés financiers.
Vous bénéficiez d’avantages fiscaux qui peuvent rendre l’opération encore plus intéressante.
Votre argent sert à financer des projets concrets, utiles pour la biodiversité, la qualité de notre alimentation et la souveraineté agricole française.
Petit bonus souvent sous-estimé : vous recréez un lien avec celles et ceux qui nous nourrissent. Certaines plateformes comme MiiMosa proposent même des formules avec contreparties en nature (paniers de produits, dégustations, visites ou séjours à la ferme). Une façon assez agréable de voir où va son épargne.
En résumé : que vous préfériez acheter des terres, financer directement des agriculteurs ou investir via un fonds, il existe aujourd’hui plusieurs façons de mettre votre épargne au service de l’agriculture bio — tout en espérant un rendement raisonnable à long terme !
📌 Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

Pour un job qui vous ressemble
Commercial·e b2b — La Solive — Lyon (69) : L’école spécialisée dans les métiers de la rénovation énergétique recherche son premier profil commercial en région lyonnaise pour développer les partenariats et faire connaître ses formations. Si vous avez la fibre entrepreneuriale, le goût du terrain et l’envie de contribuer à une transition concrète, foncez.
Chargé·e de mission Usages & Sobriété hydrique — Iléo — Lille (59) : L’eau est une ressource précieuse. Encore faut-il savoir comment nous la consommons ! Chez iléo, filiale de Veolia qui gère l’eau sur la métropole lilloise, vous analyserez les données de consommation pour détecter les anomalies, comprendre les usages et construire des plans d’action en faveur de la sobriété hydrique.
Chargé·e de Relation Clients Cosmétiques et Ecoproduits — Ecocert — Toulouse (31) : Cosmétiques bio, détergents écologiques, textiles responsables… derrière ces labels se cachent souvent les équipes d’Ecocert Greenlife. Votre mission ? Accompagner les entreprises dans leur parcours de certification et répondre à leurs questions au quotidien.
Vous souhaitez diffuser votre offre d'emploi ? Contactez notre équipe commerciale : [email protected]

On s’aère les neurones
L'avocate du vivant

Elle s’est récemment exprimée sur les impacts environnementaux et sociaux des data centers : je voulais vous parler d’Erin Brockovich, figure incontournable de la lutte environnementale aux États-Unis.
Son combat contre la contamination de l’eau par une compagnie énergétique californienne dans les années 1990 a inspiré un excellent film — avec Julia Roberts dans le rôle-titre — que je vous encourage fortement à découvrir si ce n’est pas déjà fait !
Et pour suivre sa nouvelle lutte contre la multiplication des data centers, rendez-vous sur ce site dédié : brockovichdatacenter.com
Erin Brockovich, seule contre tous, de Steven Soderbergh, 2000, disponible sur les plateformes de streaming et sur YouTube

Une question qui envisage le monde autrement
Et si… on inversait l’anomalie ?
Ces dernières semaines, il a fait chaud. Très chaud. Trop chaud pour un mois de mai. Les températures ont parfois dépassé de 10 à 15°C les normales de saison. Une anomalie devenue si fréquente qu’elle passe presque inaperçue.
Le chercheur en sciences du climat Neson Noumbissi propose un exercice simple : imaginer l’inverse 👇

S’il faisait 15°C de moins qu’attendu en plein mois de mai, le verrait-on encore comme un détail météo ?

Il se passe quoi au bureau cette semaine ?
Pourtant, que la montagne est belle…
Ancienne promotrice immobilière en montagne, Valérie a choisi de quitter un secteur qu’elle ne parvenait plus à défendre pour se consacrer à la protection de ces écosystèmes fragiles.
Elle raconte le moment où tout a basculé, ses doutes et sa nouvelle vie professionnelle dans ce nouvel épisode de notre série Les Repentis, disponible sur notre chaîne YouTube 👇
Vous nous écrivez
Et sachez que vos petits mots nous donnent un vrai coup boost 😍

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Cette édition a été concoctée par : Marc Lomazzi, Paulin Viguier et Pauline Vallée (référente éditoriale).
Rédactrice en chef 2050NOW : Aude Baron. Directeur général 2050NOW : Vincent Giret.





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