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Vacances à la neige : stop ou encore ?

Au menu : nos pistes pour sortir du tout-ski (vous l'avez ?), un tuto pour poser des panneaux, et une nouvelle course à l'espace

Bonjour c’est Vincent,

Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de rencontrer un amoureux des oiseaux. 

Ou plutôt un savant : Cédric Marteau n’est pas seulement l’auteur d’une thèse d’ornithologie, incollable sur les espèces et la vie (difficile) des peuples volatiles.

C’est l’un des experts français qui comptent le plus dans le domaine de la protection de la nature et des écosystèmes terrestres et marins. 

Cédric dirige la fameuse LPO, la Ligue de protection des oiseaux, l’une des plus belles associations françaises, forte de 75 000 adhérents ! 

Si je vous parle de lui, c’est parce qu’il nous propose de porter “la voix de la nature” dans le débat public local. Une belle occasion se présente avec les municipales dans six semaines !

Pas d’injonction partisane, mais des idées, des outils, des conseils pour protéger notre patrimoine naturel et mieux vivre avec le vivant.

Je vous en donne une, ma préférée : “Réaliser un inventaire de la faune et de la flore pour constituer l’Atlas de la biodiversité de son village ou de sa commune.”

Une démarche participative ouverte à toutes les générations pour contribuer à la sensibilisation, à la connaissance et à la protection de notre cadre de vie.

On y va ?

Au sommaire

  • ⛷️ Quand te reverrai-je…

  • 🪑 Quel meuble êtes-vous ?

  • 🏰 20 000 objets par jour

  • 🌝 Viser la Lune (ça nous fait un peu peur)

Rendez-vous le 12 février, à La Caserne (Paris), pour participer à la toute première Université de l’Énergie de Demain — organisées par le Mouvement Impact France qui réunit plus de 30 000 entreprises qui mettent l’impact écologique et social au cœur de leur modèle.

Ce rendez-vous inédit réunit 300 dirigeants et investisseurs qui façonnent l’avenir de l’énergie en France, dont notamment l’ancienne ministre Agnès Panier-Runacher et Thomas Veyrenc, directeur général de RTE.

Avec un objectif clair : poser les bases d’une dynamique commune et faire émerger des propositions structurantes à l’horizon 2027.

⚠️ Places limitées — réservations ici : www.universite-energie-demain.eco

La rubrique pour vivre mieux

Comment profiter de la montagne sans la ruiner

Indice : ne faites pas comme Emily.

Salut, c’est Pauline 👋 La semaine s’annonce chargée avec deux incontournables : la saison 4 de la série Bridgerton et le début des JO de Milan-Cortina. Désolée pour les fans de corsets et de bal — aujourd’hui, on va plutôt parler du second sujet.

Car ces Jeux d’hiver relancent un débat brûlant : quel est l’impact environnemental du ski et de nos activités sur la montagne ?

Notre journaliste Marc a creusé la question.

Et avant d’aller plus loin, voilà trois infos à garder en tête :

  • Moins de 10 % des Français partent en vacances au ski.

  • La France est le 2e pays au monde qui accueille le plus de touristes-ski (qui est le n°1 ? réponse en fin d’article 👀).

  • Les températures ont grimpé de +2°C en un siècle dans les Alpes et les Pyrénées contre + 1,4°C dans le reste du pays.

Les enjeux

Eh oui, la montagne — en France comme ailleurs — va mal. Très mal. Avec les régions arctiques, c’est l’un des territoires où le réchauffement climatique frappe le plus fort.

  • Les glaciers fondent à vue d’œil. Ceux des Pyrénées pourraient disparaître d’ici 2100 et “dans les Alpes, on en perdra 70 % ou 90 %” selon Samuel Morin, spécialiste de la montagne à Météo-France.

  • Les pluies extrêmes, la fonte du pergélisol (un sol qui reste gelé en permanence), la vidange des lacs glaciaires provoquent des catastrophes en série : inondations, éboulements... En juin 2024, la catastrophe de La Bérarde, ce village du massif de l’Oisans, détruit par une coulée de roches et de boues, a marqué les esprits.

La Bérarde pendant les inondations de 2024. Crédit : P.H. Peyret - PNE

Et nos amis skieurs dans tout ça ? Mauvaise nouvelle : le réchauffement de la montagne va, à plus ou moins long terme, leur gâcher la fête.

Dans une France à +2,7 °C en 2050 — notre trajectoire de réchauffement actuelle ! — Météo-France prévoit la perte de deux mois de neige à moyenne et basse altitude, et un mois en haute montagne.

Résultat : le filon de l’or blanc commence se tarir — et pas seulement à cause du manque de neige.

Le modèle économique du tout-ski est inadapté au changement climatique.

Pur fruit des Trente glorieuses, il a couvert la montagne de remontées mécaniques et résidences de tourisme. La seule vallée de la Tarentaise (Val Thorens, Les Ménuires, Méribel… etc) compte à elle seule 460 000 lits !

Un modèle gourmand en énergie, en CO2, en eau — au point que la justice a récemment retoqué un projet de retenue d’eau de 150 000 m³ à La Clusaz – et qui artificialise les terres.

Et si on changeait nos pratiques ?  

Pour préserver durablement des massifs déjà fragilisés par le réchauffement climatique, il va falloir revoir notre manière de les fréquenter.

De plus en plus de stations proposent des activités douces pour profiter sans bousculer les écosystèmes : randonnées (à pied ou en raquettes), bivouac, luge, via ferrata, parapente, balades à cheval ou en chiens de traîneaux… et même escalade pour les plus sportifs.

Plus largement, l’idée fait son chemin : sortir du tout-ski pour inventer un tourisme moins carboné, plus respectueux des rythmes et du vivant.

Aux Arcs, par exemple, des espaces dédiés à la faune, aux saisons et à la géologie ont vu le jour.

Et la demande est bien là.

Les gens veulent de plus en plus fréquenter des espaces naturels préservés”, observe Fiona Mille, présidente de l’association Mountain Wilderness France. Dans le massif de Belledonne, son gîte était complet l’été dernier, tandis que la station voisine de Chamrousse peinait à attirer du monde.

Pour découvrir la montagne autrement — et s’y ressourcer sans l’abîmer — je vous ai préparé trois lectures inspirantes :

📕 L’éco-guide de Mountain Riders : un quiz, des illustrations sympa et des conseils hyper pratiques pour les débutants de la montagne.
📗 Dix idées de sorties montagne sans voiture de Mountain Wilderness France : les idées de sorties sont détaillées à la manière d’un rando-guide avec le topo de l’itinéraire et le niveau de difficulté.
🧑‍💻 Voyager hors des sentiers battus : échappées sauvages dans le Jura, marcher dans les pas de l’homme de Cro-Magnon dans les Pyrénées… le guide des vacances éco-responsables de l’Agence nationale du tourisme propose une foule d’idées.

👉 Et sur le sujet de l’adaptation des stations à la baisse de l’enneigement, ne manquez pas le reportage YouTube de notre journaliste Fabien à Saint-Pierre-de-Chartreuse Le Planolet, en Isère.

Et si je veux quand même skier ?

  • Une journée au ski revient en moyenne à émettre 50 kg de CO2 par personne. C’est deux fois plus que ce qu’émet un Français moyen sur une journée !

  • La saison française 2024 a totalisé près de 55 millions de journées skieurs.

  • Faites le calcul : ça représente en un hiver plus de 2700 vols aller-retour Paris-New-York !

Faut-il renoncer aux descentes tout schuss et à la tartiflette au pied des pistes ? Non, pas forcément. Mais il faut les adapter à l’évolution du climat.

Il existe des solutions pour alléger le bilan carbone de nos vacances à la neige 👇

Partir en train :

  • Travelski propose un aller-retour hebdomadaire Paris-Bourg-Saint-Maurice. De la gare, on accède à une douzaine de stations (Val d’Isère, La Plagne, Bride les bains…).

  • Petite astuce : l’appli Pow Mobility vous dit tout sur les façons de rejoindre les Alpes sans voiture.

  • À défaut, covoiturez : la région Rhône-Alpes s’est associée pour ça avec la plateforme Mov’ici.

Choisir une station vertueuse grâce aux éco-labels :

  • Le Grand Bornand, les Rousses ou Châtel ont décroché le Flocon vert qui récompense les stations les plus engagées avec 3 niveaux de notation (❄️ = bien / ❄️❄️ = très bien / ❄️❄️❄️ = excellent). La liste complète est accessible ici.

  • Serre Chevalier ou Tignes sont certifiés Green Globe, qui fait partie d’une liste de labels recommandés par l’ADEME pour les hébergements.

Ne pas perdre les bonnes habitudes : prendre les transports en commun ou covoiturer depuis la gare d’arrivée, manger local, trier ses déchets, louer chaussures et équipements de ski plutôt que de les acheter, réparer ses vêtements au lieu de les jeter…

Si vous optez pour des équipements de seconde main, jetez un œil sur les offres en ligne du Vieux campeur, de Decathlon ou de Campsider.

 📌 Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

🏆 Le pays qui accueille le plus de touristes skieurs est… les États-Unis ! Bravo à celles et ceux qui avaient bien deviné.

Pour un job qui vous ressemble

Juriste – HDF Energy – Blanquefort (33) : Fin·e connaisseur·euse des textes de loi et désireux·se de participer à la transition écologique ? Postulez chez HDF, un des pionniers français de la révolution hydrogène, afin de décarboner les transports et l’industrie !

Marketing et communication (stage) – Accenta – Boulogne-Billancourt (92) : 10 millions de m2. C’est la surface de bâtiments qu’Accenta a contribué à décarboner grâce à sa maîtrise des performances énergétiques et à ses solutions de géothermie. Alors pour vous former à la communication ou au marketing dans une jeune entreprise dynamique et porteuse de sens, foncez.

Ingénieur·e R&D et études projets agrivoltaïques – Agrisoleo – Lyon (59) : Faire cohabiter au mieux panneaux solaires et agriculture, voilà la noble tâche que s’est donnée Agrisoleo. Et la jeune entreprise recrute un·e ingénieur·e afin de concevoir les meilleurs outils pour remplir cet objectif. Intéressé·e ? L’annonce est là.

Vous souhaitez diffuser votre offre d'emploi ? Contactez notre équipe commerciale : [email protected]

On s’aère les neurones

Si j’avais un marteau…

Vous avez déjà pensé à être un meuble ? OK c’est rare, mais c’est fascinant, promis. Dans ce livre dont vous êtes le héros, votre commode vous lâche. Charge à vous de vous en procurer une nouvelle !

IKEA, Emmaüs, charpentier du coin, c'est vous qui décidez : une excellente façon de montrer que les choix de consommation sont des choix de société. En plus, c’est extrêmement rigolo et les illustrations, incroyables, donnent envie d’encadrer chaque page du livre.

Du pin sur la planche, Caroline Klein, Olivier Bron et Timothée Ostermann, Éditions 2042, 16 euros (ou gratuitement à la bibliothèque)

Une question qui envisage le monde autrement

Et si… on revenait au Moyen-Âge ?

À l’époque médiévale, une personne croisait environ 200 objets au cours de sa vie. Aujourd’hui, c’est 20 000… chaque jour. Et on en possède près de 10 000. Voilà le constat que dresse Benoît Heilbrunn, professeur de marketing, au micro de France Culture.

Un trop-plein qui épuise les ressources de la Terre à force de produire, remplacer, jeter. Et si la sobriété n’était pas un retour en arrière, mais une avance sur l’époque ?

Il se passe quoi au bureau cette semaine ?

Laissez entrer le soleil

Si vous avez raté notre dernière newsletter sur l’autoconsommation solaire, pas de panique. Je vous propose une séance de rattrapage sur YouTube, avec une vidéo tuto pour comprendre (pas à pas) comment installer des panneaux sur son toit. Promis, c’est pas si compliqué 👇

La fin de la lune de miel ?

Voyage vers Mars, data centers dans l’espace… les projets spatiaux les plus fous s’accumulent. Entre les ambitions démesurées des milliardaires de la tech, la montée en puissance de l’IA et les nouvelles rivalités entre États, le paysage orbital — et nos imaginaires — sont en train de basculer.

Pour comprendre ce qui se joue vraiment, on vous recommande ce dossier à lire dans notre newsletter géopolitique Warm by 2050NOW.

Vous nous écrivez

On a reçu cette petite question de Laura suite à notre dernière édition 👇

Bonne nouvelle : oui, on peut installer des panneaux solaires sur le toit d’un immeuble — à condition de se lancer collectivement, avec les autres copropriétaires.

Si vous préférez y aller solo, il existe aussi des kits photovoltaïques “plug and play” à fixer sur un balcon par exemple. C’est simple, accessible… mais moins puissant qu’une installation en toiture.

Pour peser le pour et le contre, le site d’Engie détaille les avantages et limites de chaque option.

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Vous l'avez adorée et avez envie de la partager au monde entier ? On est ravi ! Vous l’avez détestée ou trouvée bof ? Dites-nous pourquoi, on fera tout pour faire mieux la prochaine fois, promis ! Pour vous, elle est :

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Vous avez aimé nous lire et… Vous avez envie de découvrir nos dernières éditions ? C’est par ici.

Cette newsletter a été concoctée par : Morgane Becker, Pierre Fortin, Marc Lomazzi, Paulin Viguier et Pauline Vallée (référente éditoriale).

Rédactrice en chef 2050NOW : Aude Baron. Directeur général 2050NOW : Vincent Giret.

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