Bonjour c’est Vincent,

J’ai enfin mis un visage sur le “S” de RSE (responsabilité sociétale des entreprises).

C’est celui de Karam.

Je l’ai rencontré l’été dernier grâce à une connaissance commune.

Karam Hassan s’est vu mourir au moins trois fois et n’a dû son salut qu’à une endurance inouïe, une sacrée bonne étoile et à quelques mains tendues aux moments critiques.

Il naît au Darfour au Soudan. Cadet d’une famille aimante de 7 enfants, père boulanger, mère courage, sur une terre brûlée par le soleil et rattrapée par la misère, la famine et les guerres ethniques.

Son père est prêt à tout pour offrir un avenir à un fils. Bac en poche, Karam s’envole avec les économies de la famille vers l’Inde, à Hyderabad, découvre la liberté, et revient avec un beau bagage universitaire.

Mais à son retour, il est arrêté à l’aéroport et jeté en prison. Un camarade l’a dénoncé et accusé de s’être compromis à l’étranger dans une activité militante contre le régime. 

Roué de coups, il est libéré après de longues semaines. Le piège se referme : Karam doit à son tour infiltrer des groupes de jeunes, dénoncer, recruter… sinon il retournera en prison…

Il finit par tout raconter à son père, qui ne voit qu’une issue pour protéger son fils : le départ et l’exil, dès le lendemain matin, de l’autre côté de la frontière, en Égypte, sans même avoir le temps de saluer sa famille…

Une autre histoire commence. Karam est pris dans les griffes de passeurs, qui lui font miroiter un avenir mirifique au Royaume-Uni. Le voilà embarqué dans un voyage au bout de l’enfer qui le mènera jusqu’à la “jungle” de Calais.

La suite, vous pourrez la lire dans son récit bouleversant d’humanité “Un rêve plus loin” — mais dont je vous livre l’épilogue provisoire : Karam est aujourd’hui français, il a intégré L’Oréal, et porte une belle association, “La voix des réfugiés”.

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