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JO de Milan-Cortina : enfin des jeux soucieux de l'environnement ?

La semaine s’annonce chargée avec deux incontournables : la saison 4 de la série Bridgerton et le début des JO de Milan-Cortina. Désolée pour les fans de corsets et de bal — aujourd’hui, on va plutôt parler du second sujet.

Car ces Jeux d’hiver relancent un débat brûlant : quel est l’impact environnemental du ski et de nos activités sur la montagne ?

Notre journaliste Marc a creusé la question.

Et avant d’aller plus loin, voilà trois infos à garder en tête :

  • Moins de 10 % des Français partent en vacances au ski.

  • La France est le 2e pays au monde qui accueille le plus de touristes-ski (qui est le n°1 ? réponse en fin d’article 👀).

  • Les températures ont grimpé de +2°C en un siècle dans les Alpes et les Pyrénées contre + 1,4°C dans le reste du pays.

Les enjeux

Eh oui, la montagne — en France comme ailleurs — va mal. Très mal. Avec les régions arctiques, c’est l’un des territoires où le réchauffement climatique frappe le plus fort.

  • Les glaciers fondent à vue d’œil. Ceux des Pyrénées pourraient disparaître d’ici 2100 et “dans les Alpes, on en perdra 70 % ou 90 %” selon Samuel Morin, spécialiste de la montagne à Météo-France.

  • Les pluies extrêmes, la fonte du pergélisol (un sol qui reste gelé en permanence), la vidange des lacs glaciaires provoquent des catastrophes en série : inondations, éboulements... En juin 2024, la catastrophe de La Bérarde, ce village du massif de l’Oisans, détruit par une coulée de roches et de boues, a marqué les esprits.

La Bérarde pendant les inondations de 2024. Crédit : P.H. Peyret - PNE

Et nos amis skieurs dans tout ça ? Mauvaise nouvelle : le réchauffement de la montagne va, à plus ou moins long terme, leur gâcher la fête.

Dans une France à +2,7 °C en 2050 — notre trajectoire de réchauffement actuelle ! — Météo-France prévoit la perte de deux mois de neige à moyenne et basse altitude, et un mois en haute montagne.

Résultat : le filon de l’or blanc commence se tarir — et pas seulement à cause du manque de neige.

Le modèle économique du tout-ski est inadapté au changement climatique.

Pur fruit des Trente glorieuses, il a couvert la montagne de remontées mécaniques et résidences de tourisme. La seule vallée de la Tarentaise (Val Thorens, Les Ménuires, Méribel… etc) compte à elle seule 460 000 lits !

Un modèle gourmand en énergie, en CO2, en eau — au point que la justice a récemment retoqué un projet de retenue d’eau de 150 000 m³ à La Clusaz – et qui artificialise les terres.

Et si on changeait nos pratiques ?  

Pour préserver durablement des massifs déjà fragilisés par le réchauffement climatique, il va falloir revoir notre manière de les fréquenter.

De plus en plus de stations proposent des activités douces pour profiter sans bousculer les écosystèmes : randonnées (à pied ou en raquettes), bivouac, luge, via ferrata, parapente, balades à cheval ou en chiens de traîneaux… et même escalade pour les plus sportifs.

Plus largement, l’idée fait son chemin : sortir du tout-ski pour inventer un tourisme moins carboné, plus respectueux des rythmes et du vivant.

Aux Arcs, par exemple, des espaces dédiés à la faune, aux saisons et à la géologie ont vu le jour.

Et la demande est bien là.

Les gens veulent de plus en plus fréquenter des espaces naturels préservés”, observe Fiona Mille, présidente de l’association Mountain Wilderness France. Dans le massif de Belledonne, son gîte était complet l’été dernier, tandis que la station voisine de Chamrousse peinait à attirer du monde.

Pour découvrir la montagne autrement — et s’y ressourcer sans l’abîmer — je vous ai préparé trois lectures inspirantes :

📕 L’éco-guide de Mountain Riders : un quiz, des illustrations sympa et des conseils hyper pratiques pour les débutants de la montagne.
📗 Dix idées de sorties montagne sans voiture de Mountain Wilderness France : les idées de sorties sont détaillées à la manière d’un rando-guide avec le topo de l’itinéraire et le niveau de difficulté.
🧑‍💻 Voyager hors des sentiers battus : échappées sauvages dans le Jura, marcher dans les pas de l’homme de Cro-Magnon dans les Pyrénées… le guide des vacances éco-responsables de l’Agence nationale du tourisme propose une foule d’idées.

👉 Et sur le sujet de l’adaptation des stations à la baisse de l’enneigement, ne manquez pas le reportage YouTube de notre journaliste Fabien à Saint-Pierre-de-Chartreuse Le Planolet, en Isère.

Et si je veux quand même skier ?

  • Une journée au ski revient en moyenne à émettre 50 kg de CO2 par personne. C’est deux fois plus que ce qu’émet un Français moyen sur une journée !

  • La saison française 2024 a totalisé près de 55 millions de journées skieurs.

  • Faites le calcul : ça représente en un hiver plus de 2700 vols aller-retour Paris-New-York !

Faut-il renoncer aux descentes tout schuss et à la tartiflette au pied des pistes ? Non, pas forcément. Mais il faut les adapter à l’évolution du climat.

Il existe des solutions pour alléger le bilan carbone de nos vacances à la neige 👇

Partir en train :

  • Travelski propose un aller-retour hebdomadaire Paris-Bourg-Saint-Maurice. De la gare, on accède à une douzaine de stations (Val d’Isère, La Plagne, Bride les bains…).

  • Petite astuce : l’appli Pow Mobility vous dit tout sur les façons de rejoindre les Alpes sans voiture.

  • À défaut, covoiturez : la région Rhône-Alpes s’est associée pour ça avec la plateforme Mov’ici.

Choisir une station vertueuse grâce aux éco-labels :

  • Le Grand Bornand, les Rousses ou Châtel ont décroché le Flocon vert qui récompense les stations les plus engagées avec 3 niveaux de notation (❄️ = bien / ❄️❄️ = très bien / ❄️❄️❄️ = excellent). La liste complète est accessible ici.

  • Serre Chevalier ou Tignes sont certifiés Green Globe, qui fait partie d’une liste de labels recommandés par l’ADEME pour les hébergements.

Ne pas perdre les bonnes habitudes : prendre les transports en commun ou covoiturer depuis la gare d’arrivée, manger local, trier ses déchets, louer chaussures et équipements de ski plutôt que de les acheter, réparer ses vêtements au lieu de les jeter…

Si vous optez pour des équipements de seconde main, jetez un œil sur les offres en ligne du Vieux campeur, de Decathlon ou de Campsider.

 📌 Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

🏆 Le pays qui accueille le plus de touristes skieurs est… les États-Unis ! Bravo à celles et ceux qui avaient bien deviné.

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