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S'émerveiller en 2026
Au menu : chocolat empoisonné, feuille VS logo, et confession d'un ancien trader



Bonjour c’est Vincent,
J’ai commencé l’année par un choc total d’émerveillement.
Cette émotion intense, je la dois à une amie qui, sans le savoir, m’a fait ce beau cadeau.
Sophie — elle se reconnaîtra — m’a envoyé un lien vers une petite collection de vidéos courtes, uniques dans l’histoire de l’humanité.
Elles ont été prises par un satellite de la Nasa, à plus d’un million et demi de kilomètres, et montrent pour la première fois la Terre comme vous ne l’avez jamais vue et comme elle a bouleversé les astronautes…
Notre planète y apparaît nue, tout éclairée et en rotation dans l’espace, sublime, vivante, minuscule, fragile… s’effaçant dans une éclipse et suscitant dans sa matière et ses tâches de couleurs, les mêmes émotions d’absolu qu’une œuvre d’art.
Plusieurs artistes et scientifiques y ont ajouté leur voix et parfois de la musique, comme la chanteuse Yael Naim (là on touche au sublime) ou mon ami astronaute Jean-François Clervoy (je vous en reparlerai).
L’idée est qu’en prenant du recul, on voit soudain l’essentiel.
“L’Overview Effect transforme notre regard sur le monde” comme le dit Jean-Pierre Goux, grand mathématicien engagé dans l’écologie.
C’est lui qui a eu l’idée de cette expérience. “Avec ces images, nous tombons amoureux de la Terre. Nous sentons la responsabilité de la protéger”.
Jean-Pierre en a fait un défi avec son ONG “One home” : un mouvement planétaire qui se donne pour objectif de connecter citoyens, écoles, entreprises, collectifs à travers l’émotion ressentie par la projection de ces vidéos uniques.
Chaque projection permet d’allumer une petite lumière sur la planète… et de devenir Ambassadeur de la Terre.
Prendre du recul pour voir l’essentiel, c’est le plus beau message pour commencer l’année.
Au sommaire cette semaine
🍫 Cadmium, 1 an après la panique
🍁 Petit jeu (quel sera votre score /12 ?)
💸 Comment économiser 870 euros par an
💼 Récit d’un trader repenti

La rubrique pour décarboner et vivre mieux
Qui a peur du grand méchant cadmium ?

Salut, c’est Pauline 👋 2025, c’est l’année où on a appris un peu brutalement — entre les tribunes de médecins et le reportage de Zone Interdite — qu’une bonne partie de nos aliments étaient contaminés par un métal : le cadmium.
Et si vous vous dites, comme moi : “Mais est-ce qu’on peut encore manger sans s’empoisonner ?”… Eh bien, bienvenue au club.

Évolution des recherches Google pour le mot “cadmium” en 2025 : un drame en 3 actes.
Cette question, notre journaliste Pierre se l’est aussi posée. Je lui passe donc le stylo pour faire le tri entre angoisse légitime et réalité scientifique.
Spoiler : difficile de rester serein… mais panique n’est toujours pas mère de raison.
Il a creusé le sujet avec deux experts : Pierre Souvet, cardiologue et président de l’association Santé Environnement, et Christophe Nguyen, chercheur à l’Institut National de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE).
Trois choses que vous allez apprendre :
Le souci avec le cadmium
Les aliments à risque
Comment éviter de s’y exposer
Les enjeux
Le cadmium est un métal lourd, mou et blanc, naturellement présent dans les roches et les sols. Il sert entres autres à fabriquer des pigments, des batteries ou du revêtement de pièces métalliques.

Problème : il est très mauvais pour la santé — comme le prouvent pas moins de… 16 000 articles scientifiques.
Parmi ses impacts :
Cancérogène certain pour les poumons, avec des suspicions pour le pancréas, le sein ou la thyroïde
Toxique pour les appareils reproducteurs masculins et féminins
Destructeur pour les os, qu’il fragilise, en augmentant le risque de fracture
Mauvais pour les reins
Personne ne s’amuse à grignoter ce métal au goûter !
Et pourtant, nous sommes complètement imprégnés de cadmium. 47 % des adultes et 18 % des enfants français dépassent le seuil de concentration critique fixé par l’Agence nationale de sécurité alimentaire (ANSES).
C’est en augmentation par rapport à la même étude réalisée il y a dix ans.
Le pire ? Ce poison peut rester jusqu’à 30 ans dans nos organismes.
Mais pourquoi mange-t-on du cadmium ?
Les médecins, suivant l’ANSES, mettent principalement cette imprégnation sur le compte des engrais minéraux phosphatés — le petit nom sympa des engrais qui contiennent du phosphore, destinés à booster la croissance des plantes.
Le lien entre le cadmium et nos engrais ? Pour la faire courte :
Les roches du Maroc sont naturellement bourrées de cadmium → le cadmium se retrouve en grande quantité dans le phosphate de calcium qui sert à fabriquer les engrais → la France importe majoritairement ses engrais du Maroc → le cadmium contenus dans ces engrais se retrouve dans nos sols agricoles → il est absorbé par les plantes → puis par nos estomacs.
Mais pour Christophe Nguyen de l’INRAE, les choses ne sont pas aussi claires. L’usage des engrais phosphatés a drastiquement baissé depuis la fin des années 1970. Et la teneur en cadmium dans les céréales à la sortie des champs semble plutôt stable.
D’où viendrait le cadmium dans ce cas ? Entre autres causes évoquées : la pollution industrielle ou la présence naturelle dans les sols.
Quels aliments sont les plus à risque ?
Pour y voir clair, la plateforme de Surveillance de la Chaîne Alimentaire a mené une vaste étude pour déterminer quels aliments sont les plus touchés.
Bonne nouvelle — sauf si vous êtes fans des huîtres au chocolat — les aliments qui concentrent le plus de cadmium ne sont pas ceux qu’on mange le plus souvent 👇

En réalité, l’essentiel de notre exposition vient plutôt de produits du quotidien, moins chargés… mais consommés en grande quantité 👇

Aliments qui contribuent à l’exposition moyenne des adultes au cadmium.
Du côté des aliments les moins contaminés, on retrouve la viande issue des animaux d’élevage, les chairs de certains poissons (cabillaud, truite, merlu), le miel, les fruits, le lait et…les boissons alcoolisées (à consommer par ailleurs avec beaucoup de modération !).
À noter : les cigarettes aussi contiennent du cadmium. Les fumeurs sont donc particulièrement exposés.
Alors, on fait quoi ?
Déjà, des leviers existent au niveau des États et des entreprises :
L’ANSES recommande par exemple de diviser par trois la teneur en cadmium autorisée dans les engrais d’ici les années 2030 pour inverser la tendance sur le long terme.
Filtrer le cadmium lors de la fabrication des engrais. C’est coûteux, oui, mais techniquement faisable — et ce métal n’a aucune utilité agronomique.
Dépolluer les sols reste en revanche un casse-tête (les solutions testées, comme certaines plantes dépolluantes, sont trop lentes), mais on peut déjà choisir des variétés végétales, notamment de blé, qui concentrent moins de cadmium.
À l’échelle individuelle, on peut limiter son exposition sans virer parano. Quelques réflexes utiles :
Manger bio. Une étude a montré que les aliments issus de l’agriculture biologique contiennent 48 % de cadmium en moins.
Éviter les pseudo-céréales au petit déj’ pour les enfants, qui contiennent beaucoup de cadmium.
Ne pas se priver de chocolat, mais acheter en priorité celui venant d’Afrique plutôt que d’Amérique Latine, dont les sols sont naturellement très riches en cadmium.
Surveiller son taux de fer : une carence en fer favorise l’absorption de cadmium.
Ne pas fumer (pour ça… et pour tout un tas d’autres raisons).
Et surtout : pas de culpabilité si on a cuisiné pendant des années des petits plats involontairement assaisonnés aux métaux lourds. Nous ne sommes pas responsables, individuellement, de cette pollution à grande échelle.
En revanche, alerter les décideurs et pousser à des règles plus strictes, ça, oui — pour que cette contamination cesse et ne se reproduise plus !
📌 Retrouvez toutes les sources utilisées pour écrire cet article dans cette page.

Pour un job qui vous ressemble
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On s’aère les neurones
Dépensez moins et mieux, c'est facile

C’est ce que prouve ce guide ultra-pratique, bourré de 500 solutions concrètes pour mieux se nourrir, s’habiller, se chauffer ou se déplacer — en faisant du bien à la planète… et au porte-monnaie.
La promesse : économiser jusqu’à 460 euros par an sur l’alimentation (sans tomber dans la malbouffe, au contraire !) et 410 euros en réparant plutôt qu’en jetant — avec plein d'adresses pour échanger ou se faire accompagner.
Le guide écofrugal, Philippe Lévêque, Éditions Leduc, 2025, 15,90 euros

Une question qui envisage le monde autrement
Et si… on connaissait la nature aussi bien que les marques ?
Aujourd’hui on vous propose un petit jeu (imaginé par Team for the Planet) : demander autour de vous de deviner 6 logos de marques, puis 6 espèces d’arbres.

(réponse à la fin de cette newsletter)
Facile ? La rédac de 2050NOW a un score moyen de 5,6/6 pour les logos… et 2/6 pour les arbres.

Oups.
Ce décalage n'a rien d'anodin. Notre quotidien est saturé de marques, au point de les connaître par cœur. À l'inverse, on prête moins attention à la nature. C'est pourtant en la connaissant qu'on pourra mieux la protéger. Alors à nos bouquins !
PS : N’hésitez pas à enregistrer et imprimer l’image pour reproduire le test chez vous.

Il se passe quoi au bureau cette semaine ?
Le blues du businessman
En 2007, Jérémie est trader à Londres. En 2018, il fonde une entreprise de rénovation énergétique. Entre les deux : un déclic et un virage radical. Il nous raconte comment tout a basculé dans ce deuxième épisode de notre format “Les Repentis” 👇
Tic tac tic tac
L’édition 2026 de ChangeNOW — le plus grand rendez-vous mondial des solutions pour la planète — se tiendra du 30 mars au 1er avril au Grand Palais, à Paris. Entrepreneurs, ONG, entreprises, décideurs, investisseurs, citoyens engagés… tout ce beau monde s’y retrouve pour passer des idées à l’action.
Et bonne nouvelle : les inscriptions sont ouvertes ! Rendez-vous ici pour réserver votre billet.
Une chouette lecture
On vous recommande la newsletter de Voxe qui envoie chaque jour une dose d’info claire, directe et bien faite — celle qui parle autant au cerveau qu’au cœur.
💌 Pour s’abonner et rejoindre leur communauté de 100 000 lecteurs, ça se passe ici.
Vous nous écrivez
Et j’aimerais prendre deux minutes pour répondre à cette remarque que nous avons reçue suite à notre dernière newsletter — plus précisément, en réaction à cette vidéo YouTube 👇

Oui, le soja est un vrai problème écologique — surtout à cause de la déforestation en Amérique du Sud. Mais spoiler : le tofu n’est pas le grand méchant.
Dans les faits, 77 % du soja mondial sert à nourrir les animaux d’élevage pour produire… notre viande ! À peine 6 % est consommé directement sous forme de substituts (tofu, lait végétal, lécithine). Bref, les plus gros mangeurs de soja ne sont pas les végétariens, mais bien les amateurs de steak 🥩
Réponse au petit jeu du “Et si”
Les logos (de haut en bas et de gauche à droite) : Pepsi, Innocent, Adidas, MacDonald's, Renault, Mastercard
Les espèces d’arbres (de haut en bas et de gauche à droite) : Chêne, Erable, Hêtre, Platane, Peuplier, Noisetier
Qu'avez-vous pensé de notre newsletter ?Vous l'avez adorée et avez envie de la partager au monde entier ? On est ravi ! Vous l’avez détestée ou trouvée bof ? Dites-nous pourquoi, on fera tout pour faire mieux la prochaine fois, promis ! Pour vous, elle est : |
Vous avez aimé nous lire et… vous avez envie de découvrir nos dernières éditions ? C’est par ici.
Cette newsletter a été concoctée par : Margaux Brique, Aude de Bourbon, Pierre Fortin, Paulin Viguier et Pauline Vallée (référente éditoriale).
Et relue par : Théo, notre stagiaire de 3ème.
Rédactrice en chef 2050NOW : Aude Baron. Directeur général 2050NOW : Vincent Giret.




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